Tunisie : Les membres de l’Instance Vérité et Dignité prêtent serment devant Marzouki

Les 15 membres de l’Instance Vérité et Dignité ont prêté serment, vendredi soir, au Palais de Carthage devant le président de la République provisoire, Moncef Marzouki.

Dans une déclaration à la presse, Sihem Ben Sedrine a indiqué que les membres de l’Instance se réuniront le 17 juin pour la répartition des tâches au sein de la nouvelle structure, soulignant qu’ils sont conscients de la grande responsabilité qui leur incombe dans la réparation des injustices et la réalisation de la réconciliation entre les différentes catégories de la société.

De son côté, Khaled Krichi estime que la nouvelle structure constitue un nouveau jalon de l’Etat démocratique tunisien qui vient s’ajouter aux instances constitutionnelles créées dans le pays. Il a relevé que l’Instance Vérité et Dignité mettra tout en oeuvre pour faire réussir le processus de la justice transitionnelle qui constitue, selon lui, le pilier de la transition démocratique en Tunisie.

Il ajoutera que l’Instance Vérité et Dignité s’engage à respecter les dispositions de la loi organisant le processus de la justice transitionnelle dans l’objectif de réaliser la réconciliation nationale. L’instance s’engage aussi à garantir les droits des victimes, à oeuvrer pour leur réhabilitation, à dévoiler la vérité et à préserver la mémoire afin de réussir le passage de la Tunisie d’un passé douloureux à un avenir radieux dans lequel sera scellée la réconciliation nationale. Une réconciliation qui, a-t-il dit, ne consacrerait pas l’impunité, mais renforcerait les droits des victimes.

La réussite du processus de la justice transitionnelle, a ajouté Khaled Krichi, n’est pas seulement l’apanage de l’Instance, mais une responsabilité collective.

Rappelons que l’Assemblée nationale constituante a validé, en mai dernier, la composition de l’Instance Vérité et Dignité avec 98 voix pour, 14 abstentions et 23 voix contre.

La création de ladite Instance a été marquée par une polémique sur certains candidats. Des composantes de la société civile concernées par le dossier de la justice transitionnelle ont déposé des recours en ce sens.