Dix-huit agressions contre des journalistes et reporters-photographes ont été recensées en avril 2026, soit trois fois plus qu’en mars (6 cas), selon le rapport mensuel de l’unité de monitoring et de Documentation du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), publié ce lundi.
Ces agressions ont touché 14 journalistes, dont 8 femmes, issus de 12 institutions médiatiques : 7 sites électroniques, 4 radios et une chaîne de télévision, dont un média étranger. Elles se répartissent en 6 campagnes d’incitation, 5 cas de harcèlement, 2 poursuites judiciaires, 2 cas de rétention d’information, 2 interdictions d’exercer et une détention arbitraire. Douze de ces incidents se sont produits dans l’espace physique, et six sur les réseaux sociaux. Géographiquement, 13 cas ont été enregistrés à Tunis, et un cas chacun à Monastir, Sousse, Nabeul et Bizerte, ainsi qu’un cas à l’étranger.
Le SNJT a invité la présidence du gouvernement à délivrer sans délai les accréditations aux médias internationaux et à soutenir la délivrance des cartes de presse 2026, tout en appelant à la publication automatique des documents administratifs et à la suppression des restrictions illégales encadrant la communication gouvernementale.
Aux autorités judiciaires, le syndicat a réclamé des poursuites d’office contre les campagnes d’incitation en ligne visant les journalistes, la révision des peines privatives de liberté prononcées en première instance et en appel, ainsi que le renvoi exclusif des affaires de presse dans le cadre du décret-loi n°115.
Au ministère de l’Intérieur, il a demandé que les auteurs d’agressions soient tenus pour responsables et que les agents de sécurité soient informés que la photographie dans les espaces publics ne requiert aucune autorisation préalable pour les journalistes, à l’exception des salles d’audience et des installations militaires.
Enfin, le SNJT a invité l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) à accélérer l’examen de plusieurs textes législatifs, notamment l’amendement du décret-loi n°2022-54 sur les infractions numériques, le projet de loi sur l’éducation aux médias et celui relatif à la régulation audiovisuelle.




