Le secteur agricole tunisien traverse un paradoxe préoccupant : alors qu’il fait face à de multiples défis structurels tels que la sécheresse, la baisse des rendements et la pression sur les ressources hydriques, une grande partie de ses compétences reste inutilisée.
Selon l’Ordre des ingénieurs tunisiens, près de 20.000 ingénieurs agronomes sont recensés dans le pays, mais environ 15.000 d’entre eux seraient actuellement en situation de chômage. Une réalité alarmante qui met en lumière un important gaspillage de compétences dans un domaine pourtant stratégique pour la sécurité alimentaire. Le bâtonnier de l’Ordre, Mohsen Gharssi, a appelé les autorités à intervenir rapidement afin d’intégrer ces profils dans les politiques de développement agricole.
Pour lui, ces ingénieurs représentent un levier essentiel pour moderniser un secteur encore marqué par le manque d’innovation et de vision durable. Cette situation reflète plus largement les difficultés de l’économie tunisienne à absorber ses diplômés et à transformer son capital humain en véritable moteur de croissance, notamment dans des secteurs clés comme l’agriculture.




