Tunisie : Le SNJT appelle à cesser les agressions sur les journalistes

Le président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), Yassine Jelassi, a déclaré que ” l’impunité en ce qui concerne les agressions sur les journalistes ouvre la voie à la violence et à l’anarchie en général “.

Dans une déclaration, lundi, à l’agence TAP, à l’occasion de la remise du rapport annuel sur l’état de la liberté de la presse en Tunisie (1er mai 2020-30 avril 2021), Jelassi a appelé toutes les institutions de l’Etat, dont en premier lieu les trois présidences, à mettre fin aux agressions commises sur les journalistes et à poursuivre leurs auteurs en justice.
” L’image de la Tunisie est désormais en jeu après la chute de son classement dans le domaine de la liberté de la presse à la 73e position “, a-t-il regretté.

Jelassi a souligné la nécessité pour les journalistes et les défenseurs des droits de l’Homme de ” continuer de militer, avec tous les moyens légitimes, pour préserver la liberté de la presse, au vu de la gravité des agissements contre les journalistes et pour faire prévaloir le droit des Tunisiens à une information libre, indépendante et impartiale “.

Le SNJT a formulé une série de recommandations dont pour l’essentiel : réclamer à la présidence du gouvernement la condamnation publique des agressions ciblant les journalistes en Tunisie, la lutte contre l’impunité et la publication des résultats des enquêtes administratives avec les fonctionnaires de l’Etat sur ces abus.

Le syndicat a, également, appelé la présidence de la République à garantir les droits et les libertés prévues par la Constitution, notamment la liberté d’opinion, d’expression et de la presse et à revoir sa politique de communication, en s’ouvrant aux journalistes pour leur permettre d’obtenir l’information.

Il a aussi réclamé de divulguer toute la vérité au sujet de la disparition des journalistes Sofien Chourabi et Nedhir Ktari en Libye.

De son côté, Mouaouia Chourabi (père de Sofien Chourabi) a réclamé aux autorités tunisiennes de faire part de toutes les données confirmées en leur possession, mettant en garde certaines parties politiques et certains médias contre toute tentative de manipulation dans ce dossier.

Le SNJT a, en outre, appelé l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) à ” mettre fin aux agressions à répétition commises par certains députés sur les journalistes et à cesser les discours de violence à leur encontre “.

Le syndicat recommande de prendre des mesures législatives plus ciblées en matière de protection des journalistes.

Le ministère de l’Intérieur est aussi appelé à diffuser les enquêtes administratives sur les agressions commises par ses fonctionnaires à l’encontre des journalistes et émettre une circulaire ministérielle interdisant de nuire aux journalistes pendant l’accomplissement de leur travail.

Sur un autre plan, le SNJT préconise au Conseil supérieur de la magistrature (CSM) de joindre les affaires des journalistes dans un dossier spécifique et de ne plus les traduire en justice en dehors du décret-loi n°2011-115 du 2 novembre 2011 relatif à la liberté de la presse, de l’imprimerie et de l’édition.

Le syndicat a, par ailleurs, classé le ministère de l’Intérieur, la présidence du gouvernement et le bloc parlementaire de Coalition Al-Karama parmi les parties ayant le plus souvent agressé les journalistes et enfreint le principe de la liberté de la presse entre le 1er mai 2020 et le 30 avril 2021.

Le rapport annuel sur la liberté de la presse en Tunisie présenté, ce lundi, à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse (3 mai) révèle la commission de 206 agressions pendant la période couverte par le rapport. Le bilan le plus élevé de ces trois dernières années.