Tunisie : Article 19 dénonce les tentatives d’ingérence dans les médias

L’organisation Article 19 a dénoncé, mercredi, les menaces qui pèsent, selon elle, sur la liberté de la presse en Tunisie appelant les autorités, les instances indépendantes et les médias à s’engager dans la défense de ces libertés, inscrites dans la nouvelle Constitution.

Dans une déclaration, Article 19 fustige les tentatives d’ingérence dans les médias estimant que “la répétition des tentatives d’intimidation, des journalistes et blogueurs et les poursuites engagées à leur encontre constituent autant de menaces qui pèsent sur la liberté d’expression”.

L’organisation a fait le point des pressions ” présumées ” exercées sur la chaîne de télévision “Attassia” pour ne pas diffuser une interview de l’ancien président Moncef Marzouki outre des poursuites judiciaires engagées à l’encontre de la blogueuse et cyber-activiste Lina Ben Mhenni, accusée d’outrage à agent public.

Autres cas relevés par Article 19: l’interpellation, le 17 septembre courant, du journaliste et correspondant de l’unité ” Rasd ” relevant du Centre de Tunis pour la liberté de la presse à Gabes, Moez Jamaii à la suite d’une altercation avec des agents de l’ordre et la polémique suscitée par le film Iranien “Muhammad, le messager de Dieu”.

“De telles pressions exercées sur le travail journalistique, éditorial et artistique, attestent de l’existence d’un risque de retour à la censure et à l’autocensure”, a averti l’organisation, rappelant que la liberté d’expression et d’information, telle que protégée par les articles 31, 32 et 49 de la Constitution, est un droit fondamental reconnu à toute personne.

Article 19 a appelé les présidences de la République et du gouvernement à lancer une enquête sur les accusations d’interférence dans la ligne éditoriale des médias en allusion à la chaine de télévision ” Attassia ” pour sanctionner toute personne dont l’implication dans cette affaire sera prouvée.

Article 19 a exhorté les acteurs concernés à accélérer le processus de la mise en place d’une instance d’autorégulation, en l’occurrence, ” un conseil de Presse “, pour remplir le rôle de médiateur et de défenseur de la liberté de presse.