Le Président de la République provisoire Moncef Marzouki a souligné la détermination de la Tunisie et de son peuple à aller de l’avant dans le processus de transition et à sceller la rupture avec la dictature.
«La Tunisie se porte bien. Nous ne prétendons pas être un modèle et ne voulons pas exporter notre révolution mais nous ouvrons, après la révolution, à faire face à la violation des droits de l’homme, à promouvoir les libertés, à encourager le dialogue entre les parties politiques et à lutter contre la violence et le terrorisme», a déclaré Marzouki à la tribune du Palais des Nations à Genève où se tiennent les travaux de la 25e session du Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies (3-28 mars).
«Grâce à la sagesse des parties prenantes politiques en Tunisie et à l’attachement au dialogue et au consensus autour desquels elles se sont accordées, un nouveau gouvernement a été formé dont la mission est la préparation d’élections libres et transparentes d’ici la fin de l’année en cours et ce dans le cadre d’une Constitution consensuelle, premier fruit de la révolution», a-t-il fait remarquer.
«La Constitution tunisienne est venue garantir et protéger les libertés fondamentales et les droits individuels et collectifs. Elle puise ses principes dans les valeurs de la Déclaration universelle des droits de l’Homme», a rappelé Marzouki. Et d’ajouter :« Nous sommes désireux de promouvoir les libertés, notamment la liberté d’expression et de croyance car nous sommes convaincus qu’il vaut mieux subir les travers de certaines libertés que de les restreindre », rappelant que la révolution tunisienne a consacré les libertés et les droits de l’homme même s’il reste encore des défis à relever aux niveaux social et économique.
Le président de la République a tenu à saluer l’Organisation des Nations Unies et ses institutions, notamment le Conseil des droits de l’homme et le Haut commissariat aux droits de l’Homme, pour leur soutien au processus de transition en Tunisie, en particulier au niveau de la réforme des systèmes judiciaire et sécuritaire.
Dans ce cadre, il a souligné l’engagement de la Tunisie à respecter les conventions de l’ONU qu’elle a ratifiées et à renforcer la coopération avec les institutions tunisiennes, citant l’exemple de la levée des réserves sur la convention de protection de l’enfance et celle de l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW).
Il a également fait état des reformes engagées dans les domaines des médias, de la justice et de l’appareil sécuritaire, en vue de conférer une plus grande indépendance à ces secteurs. La 25e session a été ouverte par un discours du Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, suivie des déclarations du Président du Conseil, Baudelaire Ndong Ella, du Président de l’Assemblée générale, John W. Ashe et du Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Mme Navi Pillay ainsi que du Président Suisse, pays hôte, Didier Burkhalter.
L’accent a été mis sur l’importance d’agir en urgence contre la violation des droits de l’Homme, de plus en plus fréquente dans de nombreux pays et sur l’impératif de faire en sorte que le système des Nations-Unies déploie de nouveaux mécanismes pour protéger les personnes en danger.
Les travaux de cette réunion se sont poursuivis sous forme d’un débat interactif de haut niveau sur les questions préoccupantes liées à la protection et au renforcement des droits de l’Homme, auquel ont pris part les dirigeants et chefs de délégations des 192 pays membres de l’ONU.
Parmi ces questions figurent, notamment, la peine de mort, le crime de génocide, les violences sexuelles, la liberté de culte et de croyance, les droits des personnes handicapées, les droits de l’enfant, les droits culturels et le droit à un environnement propre.




