Qui est Ahmed Mestiri?

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Ahmed Mestiri a été pressenti parmi les personnalités pouvant assumer le rôle du chef du gouvernement au cours de la prochaine phase de transition. Le 1er novembre 2013, Ahmed Mestiri fait partie avec Mohamed Ennaceur des deux derniers candidats proposés par les partis politiques, dans le cadre du dialogue national, pour le poste de chef du gouvernement.

Ahmed Mestiri (أحمد المستيري), né le 2 juillet 1925 à La Marsa, est un avocat et homme politique tunisien.

Né dans une famille de riches propriétaires terriens rattachée à la haute bourgeoisie tunisoise d’origine monastirienne, Mestiri est le fils de Taher Mestiri et Khedija Kassar. Très jeune, il intègre dès 1942 la cellule destourienne de La Marsa en compagnie de Taïeb Mehiri. Il effectue ensuite des études de droit à Alger, de 1944 à 1948, puis à l’Institut d’études politiques de Paris et à la faculté de droit de Paris où il obtient sa licence. Dès 1948, il exerce le métier d’avocat à la cour de Tunis.

Dans le premier gouvernement formé par Habib Bourguiba, le 15 avril, Mestiri se voit confier le ministère de la Justice, où il participe activement à la « tunisification » de l’appareil judiciaire, à la rédaction des nouvelles lois et à l’élaboration du Code du statut personnel. Peu de temps après, il représente la Tunisie au Conseil de sécurité des Nations unies1, à la suite du conflit survenu avec la France dans le contexte du bombardement de Sakiet Sidi Youssef. Le 30 décembre 1958, il se voit attribuer le portefeuille des finances et du commerce. Parmi ses priorités figure alors l’élaboration d’une série de conventions franco-tunisiennes et la création de la nouvelle monnaie : le dinar tunisien.

Sur quoi, le 29 janvier 1968, Mestiri présente sa démission du gouvernement et du bureau politique du PSD au cours d’un entretien avec Bourguiba. Le même jour, il fait une déclaration à l’agence de presse United Press International et au quotidien Le Monde (reproduite in-extenso par la presse tunisienne2) dans laquelle il exprime les raisons de sa démission. Il est immédiatement sanctionné et exclu du PSD.

Le 8 juin 1970, il est nommé rapporteur de la commission supérieure du parti chargée d’élaborer un projet de réformes et d’amendement de la constitution. Le 12 juin, il réintègre le gouvernement comme ministre de l’Intérieur.

Le 21 juin 1971, il annonce sa démission du poste de ministre de l’Intérieur et de membre du PSD car les promesses de démocratisation et de libéralisation faites par Bourguiba dans son discours du 8 juin 1970 n’ont pas eu de suites.

Le 21 janvier 1972, il est exclu du PSD ; il continue néanmoins à occuper son siège de député, prenant souvent la parole pour émettre des critiques à l’encontre du régime. En novembre de la même année, il adresse avec dix autres personnalités destouriennes, une lettre au président Bourguiba, contenant une analyse sévère de la situation politique et économique du pays.

En juin 1978, il fonde le Mouvement des démocrates socialistes (MDS) dont il devient secrétaire général. En 1981, son parti participe aux premières élections pluralistes. Les listes vertes du MDS connaissent alors un important succès mais, constatant l’effondrement du PSD, le pouvoir ordonne une victoire totale de ce dernier par le biais du ministère de l’Intérieur. La fraude est généralisée et systématique comme le constate la presse internationale.

En 1956, il épouse Souad Chenik, fille de l’ancien grand vizir M’hamed Chenik, qui lui donne quatre garçons (Driss, Taher, Hatem et Moncef) et une fille (Saima).

Livre: Un témoignage pour l’Histoire, éd. Sud Éditions, Tunis, 2011