Affaire de l”’appareil secret” d’Ennahdha : prononcé des jugements mardi

La Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le Tribunal de première instance de Tunis prononcera, mardi, son jugement dans l’affaire communément désignée sous l’appellation de “l’appareil secret du Mouvement Ennahdha”, a indiqué une source judiciaire lundi à l’agence Tunis Afrique Presse (TAP).

Quelque 35 accusés sont impliqués dans cette affaire, dont cinq en détention, douze poursuivis en état de liberté et onze en cavale. Sept autres accusés sont également détenus et poursuivis dans le cadre d’autres affaires.

Parmi les principaux accusés figurent notamment le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, le vice-président dEnnahdha, Ali Laârayedh, plusieurs anciens responsables sécuritaires, ainsi que Mustapha Khedher, également impliqué dans l’affaire dite de la “chambre noire”.

La Chambre criminelle avait décidé, vendredi dernier, le renvoi de l’affaire au 2 juin aux fins de donner la parole aux accusés dans le cadre de leur défense, avant le prononcé du jugement, selon la même source.

Le dossier de cette affaire a été déféré, le 16 juillet 2024, au ministère public près la Cour d’appel de Tunis, conformément aux dispositions procédurales en vigueur, après la clôture de l’instruction menée par un juge d’instruction relevant du Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme.

Le Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme avait été saisi du dossier en septembre 2023, après que le ministère public près le Tribunal de première instance de l’Ariana s’en est dessaisi à son profit.

Pour rappel, l’affaire a été déclenchée au début de l’année 2022, à la suite d’une plainte déposée par le ministère public et par le collectif de défense des martyrs Chokri Belaïd, avocat et miitant de gauche, et Mohamed Brahmi, député et coordinateur général du Courant populaire, assassinés respectivement en février et juillet 2013.

Le collectif de défense soutient que le mouvement Ennahdha serait impliqué dans ces deux assassinats à travers une structure parallèle qualifiée d'”appareil secret”, laquelle aurait, exercé des activités d’espionnage, de collecte d’informations et d’infiltration au sein des institutions de l’État. Il accuse également Rached Ghannouchi d’avoir dirigé et supervisé “l’appareil secret”.

De son côté, le mouvement Ennahdha a constamment contesté l’existence d’un quelconque “appareil secret” au sein de ses structures organisationnelles, rejetant l’ensemble des accusations portées à son encontre.

Il considère que cette affaire revêt un caractère politique et soutient que les poursuites visant plusieurs de ses dirigeants, dont Rached Ghannouchi et Ali Laârayedh, s’inscrivent dans le cadre des “tractations politiques que la scène nationale a connues après 2021”.