Les Tunisiens sont-ils atteint par le syndrome de la « saturation »

Interrogé par WMC sur l’état psychologique des tunisiens un an après la révolte du 17 décembre 2011, le Dr Kamel Abdelhak considère que « dans une situation assez fâcheuse. Des recherches dans le domaine de la psychologie montrent que quand un groupe ou un individu est submergé par des informations multiples: politique, économique, indice de croissance, opinion des partis politiques, sit-in… Et bien dans le fatras des événements, le citoyen finit par décrocher. Il y a un effet de saturation qui éloigne l’individu progressivement de l’information. C’est une fatigue face à une information trop nombreuse et trop contradictoire.

Le problème, dans une société où l’individu n’a pas l’habitude d’être branché sur les informations, c’est qu’il y a un désintéressement qui se double d’un effet pervers: celui de laisser celui qui dirige faire sans qu’on ne le critique. Comme si on se remettait aux petits soins de ce leader presque messie afin de ne pas avoir à supporter l’énormité et le fatras des informations que l’on subit.

L’effet pervers s’aggrave parce que le citoyen finit par baisser les bras et apprend de manière inconsciente à suivre passivement les évènements et non pas à être impliqué activement.

La société moyenne stagne. Les gens regardent le passé, le présent n’est pas compris, l’avenir n’est pas entrevu et l’agit n’a pas de place. On est alors au cœur de la dépression.

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