Le parquet près le tribunal de première instance à Manouba, a ordonné, mardi, l’ouverture d’une enquête judiciaire pour rejet d’eaux usées non traitées dans un canal de drainage naturel et atteinte au domaine public hydraulique.
L’enquête vise le représentant de l’Office national de l’assainissement (ONAS) à Tebourba ainsi que celui de la société chargée de l’exploitation de la station de pompage dans le cadre d’un contrat de concession, a indiqué une source sécuritaire, à l’Agence TAP.
Elle a été engagée par la brigade de la garde municipale de Tebourba à la suite d’une inspection effectuée par une commission régionale réunissant la délégation, l’Agence nationale de protection de l’environnement (ANPE), la garde municipale, le commissariat régional au développement agricole (CRDA) et la direction régionale de l’Instance nationale de la sécurité sanitaire des produits alimentaires.
Les constatations ont révélé l’écoulement, dans un canal de drainage longeant la route reliant Tebourba à Djedeida, d’eaux de couleur sombre dégageant de fortes odeurs, à proximité de terres agricoles et de vergers. Selon les premières observations, il s’agirait d’eaux usées provenant du réseau public d’assainissement.
Parallèlement, des procès-verbaux environnementaux ont été dressés par l’ANPE à l’encontre des deux parties concernées pour rejet d’eaux usées non traitées dans le milieu naturel, en infraction à la législation en vigueur.
Les manquements constatés seraient liés, d’une part, à un engorgement du réseau public d’assainissement et, d’autre part, au dysfonctionnement partiel de la station de pompage.
Cette procédure intervient après l’écoulement, depuis plus d’un mois, d’eaux polluées dans le canal de drainage du quartier Souayah, à Tebourba, sur un linéaire de plus de deux kilomètres, une situation à l’origine d’odeurs nauséabondes et d’une prolifération de moustiques dénoncées par les habitants.
À l’issue de sa réunion, présidée, mardi, par le délégué de Tebourba, la commission régionale a également relevé la présence de pompes installées par une vingtaine d’agriculteurs sur les berges de l’oued Medjerda.
Les agriculteurs concernés ont été sommés de suspendre provisoirement les opérations de pompage et des prélèvements seront effectués sur certaines productions agricoles afin d’en vérifier la conformité sanitaire.
Des agriculteurs ont, par ailleurs, dénoncé la dégradation des terres et le recul des cultures de poiriers, qu’ils attribuent à la salinisation des sols provoquée par des épisodes répétés de pollution.
La commission régionale a recommandé d’accélérer les travaux de remise en état, de curer le canal de drainage et d’évacuer les déblais accumulés le long de la route.
Le directeur de la branche régionale de l’ONAS à La Manouba, Monir Trabelsi, a expliqué que la pollution résulte de la vétusté de la conduite reliant la station de pompage à la station d’épuration, de l’effondrement d’une partie du réseau et de l’obstruction de plusieurs regards.
Il a indiqué que des travaux de réparation sont en cours et a annoncé la réhabilitation, cette année, du réseau d’assainissement de Tebourba pour un coût de quatre millions de dinars, ainsi que le renforcement de la station de pompage.
L’Agence nationale de protection de l’environnement (ANPE) a relevé que celle-ci ne fonctionne actuellement qu’avec une seule pompe sur les quatre prévues et a rappelé avoir dressé, en septembre 2025, un procès-verbal contre la société exploitante pour des faits similaires.
Les équipes de l’ONAS ont entamé les travaux de réparation et les opérations de pompage des eaux stagnantes, qui se poursuivront sur l’ensemble du canal de drainage.




