Mondial-2026 : l’Espagne doit transformer sa maîtrise en efficacité offensive contre l’Autriche

L’Espagne aborde les seizièmes ⁠de finale contre l’Autriche sur une série de 34 matches sans défaite, une défense qui n’a pas encaissé le moindre but, et une vieille question qui ‌persiste : que faire quand sa possession se heurte à un ‌bloc fermé ?

Champions d’Europe en titre, les ‌hommes de Luis de la Fuente retrouvent l’Autriche de Ralf Rangnick, qualifiée en tant que deuxième du groupe J et de retour ⁠en phase à élimination directe pour la première fois depuis 44 ans, avec une dynamique, mais aussi quelques interrogations tactiques.

Les Espagnols ont terminé en tête du groupe H avec sept points, soit deux victoires et un match nul. Contre l’Uruguay (1-0), vendredi, ils ont montré des progrès, sans approcher ⁠la perfection.

L’Espagne a semblé solide en défense, son gardien Unai Simon n’ayant plus encaissé de but depuis 429 minutes en Coupe du monde. ⁠Pourtant, son match nul contre le Cap-Vert (0-0) lors de son premier match a constitué un premier avertissement : la seule maîtrise du jeu ne suffit pas.

Face au Cap-Vert, novice au Mondial, l’Espagne a possédé le ballon 74 % du temps, frappé 27 fois au but et cadré à sept reprises mais a buté sur un bloc bas et des lignes resserrées.

Pour l’Espagne, le tableau était douloureusement familier. Leur Mondial 2022 s’était achevé aux tirs au but, en huitièmes de finale, après un match nul et vierge contre le Maroc (0-0, 3-0 aux t.a.b.), un autre match où la possession n’avait pas suffi à faire ‌trembler les filets.

Ses ailiers talentueux et rapides, Lamine Yamal et Nico Williams, étant arrivés à la Coupe du monde avec des blessures aux ischio-jambiers contractées en avril, Luis de la Fuente ⁠a aligné Gavi et Ferran Torres sur les ailes contre le Cap-Vert, mais le ‌manque de largeur a ralenti la circulation du ballon et rendu les attaques espagnoles trop prévisibles.

La “Roja” a réagi par une victoire convaincante contre l’Arabie saoudite (4-0), mais l’Uruguay lui a causé un autre type de difficultés.

L’équipe de Marcelo Bielsa a transformé ce match en un véritable défi physique, laissant Nico Williams et Yeremy Pino avec des pépins physiques, respectivement à la jambe droite et à l’épaule.

Contrairement à ce que ‌les craintes initiales pouvaient laisser penser, les diagnostics ont ⁠offert quelques motifs d’espoir puisque les deux joueurs pourraient être disponibles si l’Espagne atteint les quarts de finale.

De son côté, l’Autriche devrait adopter une tactique similaire aux précédents adversaires de l’Espagne, en ‌déployant un bloc bas. Mais elle ne devrait pas pour autant se contenter d’admirer le jeu de passes adverse.

L’équipe de Ralf Rangnick est déjà entrée dans l’histoire en sortant de la phase de ‌groupes, mais ⁠la mission de l’Espagne est claire : poursuivre sa série de matches sans encaisser de but et prouver qu’elle est capable de déjouer une défense hermétique.