40 % des abattages en Tunisie effectués hors des circuits légaux

La situation des abattoirs en Tunisie soulève de nombreuses préoccupations sanitaires et économiques. Selon Tarak Ben Jazia, PDG de la Société des Viandes, la majorité des 158 abattoirs municipaux du pays ne disposent pas de la certification sanitaire requise, en violation de la réglementation en vigueur. Seuls 19 établissements répondent aux normes, soit à peine 11 % du total, tandis que neuf gouvernorats ne disposent d’aucun abattoir fonctionnel. Par ailleurs, environ 40 % des abattages se déroulent en dehors des structures reconnues légalement, favorisant ainsi la prolifération des circuits informels et impactant la transparence des prix. Cette situation s’ajoute à la baisse continue de la consommation de viande rouge en raison de la flambée des prix, avec une diminution du volume annuel par habitant, passé de 11 kg en 2015 à 8,6 kg en 2021. Face à ces défis, le secteur peine à se structurer, comme en témoigne la réduction du nombre de bouchers, passé de 9 000 à 7 000 en 2023. L’absence de mise en œuvre du plan directeur des abattoirs adopté en 2010 et le manque de formation des professionnels compliquent encore davantage la situation, mettant en péril l’ensemble de la filière.