La situation des libertés en Tunisie est ” critique “, a affirmé Wahid Ferchichi, membre de l’Association tunisienne pour la défense des libertés individuelles (ADLI), estimant que la décision d’interdire aux journalistes de commenter l’affaire dite du ” complot contre la sûreté de l’Etat ” est un ” précédent grave “.
Le pays se dirige vers un régime politique despotique, a-t-il averti lors d’une conférence de presse organisée, lundi, par l’association, au siège du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT).
Ferchichi a fait savoir que plus de 30 personnes sont détenues dans l’affaire dite du ” complot contre la sûreté de l’Etat “, alors que les autorités ont blanchi tous les consulaires étrangers, ” ce qui est bizarre “, selon lui.
Il a aussi déclaré, lors de cette conférence consacrée à la présentation du rapport de l’ALDI sur la ” réalité des droits et des libertés en Tunisie, ces derniers six mois “, que cette année a été marquée par la violation des droits de plus de 130 journalistes.
Une méthode qui est de nature à ” jeter les bases d’un régime autoritaire “, selon lui.
Il a, dans ce contexte, appelé le président de la République à ” appliquer la constitution, respecter les procédures juridiques et mettre en place un vrai système judiciaire “.
Le rapport de l’ALDI a révélé que le décret-loi n° 2022-54 du 13 septembre 2022, relatif à la lutte contre les infractions se rapportant aux systèmes d’information et de communication, a ouvert la voie à une série d’arrestations ayant ciblé des activistes de la société civile, des opposants politiques, des avocats et des journalistes.
Le rapport a aussi critiqué la promulgation du décret n° 2023-47 du 30 janvier 2023, portant prorogation de l’état d’urgence en vertu duquel l’état d’urgence a été prolongé dans tout le pays du 31 janvier 2023 au 31 décembre 2023.
Une décision pouvant amener, selon le rapport, à imposer des restrictions touchant la liberté de déplacement et le droit de manifester.




