Le panier scolaire pourrait réduire les dépenses des familles et promouvoir l’économie nationale

L’adoption d’un panier scolaire regroupant toutes les fournitures nécessaires pour chaque niveau d’étude permettrait de serrer le budget de la rentrée”, a souligné Lotfi Riahi, président de l’Organisation tunisienne pour informer le consommateur (OTIC).

Dans une déclaration à l’agence TAP, Riahi a expliqué que ce panier pourra comporter des produits localement fabriqués selon les normes de sécurité ce qui permettrait de promouvoir l’économie tunisienne et de lutter contre le commerce parallèle qui propose des produits à bas prix mais sans respect des normes de sécurité.

Selon le président de l’OTIC, la contenance et les spécificités du panier scolaire devront être fixées conjointement par les ministères de l’éducation, du commerce et de l’industrie en partenariat avec les entreprises productrices ainsi que les organisations de défense des consommateurs.

“La liste des points de vente du panier scolaire sera également annoncée afin que les parents préparent le budget nécessaire”, a-t-il ajouté.

Riahi estime que le coût du panier scolaire pourrait faire baisser les dépenses à 25, voire, 30 %, à condition de mettre sur le marché des produits tunisiens compétitifs, de réduire les coûts de distribution et les marges bénéficiaires et de limiter le nombre d’intermédiaires.

La réduction des coûts passe, selon lui, par une maîtrise de l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis les matières premières et la production jusqu’au transport, à la distribution et aux points de vente.

Selon les dernières données du ministère de l’éducation relatives à l’année scolaire 2025-2026, le nombre d’élèves de l’enseignement préparatoire, primaire et secondaire s’est établi à environ 2,325 millions.

Lotfi Riahi a estimé, à titre indicatif, que le marché des fournitures scolaires pourrait représenter plus de 232 millions de dinars pour une dépense moyenne de 100 dinars par élève, et dépasser 465 millions de dinars avec une dépense moyenne de 200 dinars.

Ces montants ne constituent pas une estimation des dépenses réellement effectuées, mais illustrent, selon lui, le potentiel de demande et le poids économique de ce marché.

Il a, à titre d’exemples, cité plusieurs secteurs tunisiens susceptibles de répondre à une partie des besoins scolaires, notamment le textile, l’habillement, le cuir, le papier, les cahiers, l’imprimerie, le plastique et les articles scolaires.

Par ailleurs, le président de l’OTIC a considéré que l’uniforme scolaire pourrait avoir aussi des effets économiques, sociaux et éducatifs, en contribuant à réduire les différences visibles entre élèves, à atténuer la pression liée à la comparaison sociale et à renforcer le sentiment d’égalité et d’appartenance.

En cas d’adoption, cette mesure devrait toutefois être accompagnée de normes précises, de prix affichés, de plusieurs circuits de distribution et d’une concurrence effective, afin d’éviter la création d’un marché fermé au profit d’un nombre limité de producteurs.

Lotfi Riahi a, à cet effet, mis en garde contre le risque de voir la cherté des produits disponibles sur le marché organisé et l’absence d’alternatives accessibles pousser les consommateurs vers le marché parallèle.

La lutte contre ce phénomène ne peut, selon lui, reposer uniquement sur le contrôle et les sanctions, mais doit également passer par la disponibilité de produits conformes aux normes et proposés à des prix abordables.

Il a appelé les parents à se limiter aux besoins réels de leurs enfants, à comparer les prix et la qualité et à privilégier le produit tunisien lorsqu’il répond aux normes et présente un rapport qualité-prix compétitif.

Le consommateur, a-t-il indiqué, est un véritable acteur économique dont les choix peuvent influencer la production, les prix, la qualité et les orientations de l’investissement.

La réussite de la rentrée scolaire passe ainsi, selon lui, par une offre tunisienne de qualité, à prix juste et dans un cadre de concurrence transparente, afin de contribuer à alléger la charge des familles tout en soutenant la production nationale et l’emploi.