Le marché des moutons de Mnihla continue de proposer des animaux destinés au sacrifice de l’Aïd al-Adha, dans un contexte marqué par une récession économique apparente et une faible affluence des citoyens. Les prix enregistrés cette année ont dépassé toutes les limites du pouvoir d’achat, révélant un écart frappant entre la taille des moutons proposés et les prix demandés, ce qui a entraîné une activité commerciale très faible.
Des chiffres paradoxaux : un “agneau de 8 kg” à 900 dinars !
Lors d’une tournée sur le terrain parmi les tentes de vente, la grille des prix reflète une réalité financière difficile. Les prix varient cette saison à partir de 900 dinars pour le plus petit mouton proposé (un agneau d’environ six mois dont le poids net après abattage ne dépasserait pas 8 kg), ce qui implique un prix du kilo de viande vive à des niveaux jugés extrêmement élevés.
À l’inverse, les moutons de grande taille, dits de qualité supérieure, atteignent 2500 dinars. Ce montant équivaut à plusieurs fois le salaire minimum en Tunisie et dépasse largement les revenus de la classe moyenne. Les moutons de taille moyenne se vendent entre 1400 et 1700 dinars, mais restent peu demandés.
Faible affluence et mécontentement des citoyens
Face à cette hausse importante des prix, le marché de Mnihla enregistre une fréquentation très faible et une activité commerciale réduite. Les citoyens se contentent souvent de circuler entre les vendeurs, de s’informer sur les prix, avant de repartir, déçus.
À l’approche de l’Aïd, le marché reste le reflet d’une crise structurelle dans le secteur de la viande rouge. Les citoyens dénoncent la cherté et leur incapacité à acheter, tandis que les vendeurs se plaignent du manque de ventes et des coûts élevés de transport et d’alimentation du bétail. Le marché attend les derniers jours avant la fête, qui pourraient éventuellement entraîner une baisse des prix ou contraindre certaines familles à renoncer à l’achat d’un mouton cette année.




