Tunisie : augmentation des salaires versée avec effet rétroactif en 2026

La ministre des Finances, Michket Slama Khaldi, a annoncé le versement de la revalorisation salariale, accompagnée des compléments relatifs aux premiers mois de l’année 2026, conformément aux dispositions de l’article 15 de la loi de finances, relatif à l’augmentation des salaires et traitements dans les secteurs public et privé ainsi qu’aux pensions des retraités.

Elle a affirmé, lors d’une rencontre tenue mardi avec le directeur général de la Société islamique internationale de financement du commerce et le secrétaire général du programme « Ponts du commerce afro-arabe », Adib Youssef Al-Ahmar, en visite de travail en Tunisie du 18 au 21 mai 2026, que le président de la République, Kaïs Saïed, accorde une attention particulière à la préservation des institutions nationales opérant dans des secteurs stratégiques et veille à leur assurer les moyens nécessaires pour garantir leur continuité et leur rôle social.

Elle a également indiqué que l’État tunisien poursuit le renforcement de sa politique sociale à travers la poursuite de la hausse des salaires.

Par ailleurs, la Tunisie avait adopté fin avril 2026 un ensemble de décrets présidentiels et gouvernementaux portant sur une augmentation des salaires dans les secteurs public et privé pour la période 2026-2028. Ces augmentations sont déjà entrées en vigueur et sont versées par tranches, avec effet rétroactif à partir du 1er janvier 2026.

Ces hausses concernent les agents de l’État, les collectivités locales et les établissements publics, ainsi que les agents des entreprises publiques, les magistrats et les institutions soumises à des conventions collectives, dans le cadre de l’application de la loi de finances 2026.

Dans ce contexte, le décret n°63 de 2026 prévoit des augmentations des salaires des agents de la fonction publique à travers la revalorisation de plusieurs indemnités spécifiques couvrant divers secteurs tels que la culture, l’éducation, l’enseignement supérieur, l’intérieur, ainsi que des indemnités liées aux spécialités techniques et administratives.

Les augmentations concernent également les secteurs de la santé, de la recherche scientifique, de l’encadrement universitaire, du contrôle, ainsi que les affaires sociales, l’inspection et l’emploi, traduisant une approche globale de la revalorisation salariale.

Selon le décret, les augmentations mensuelles ont été fixées à 120 dinars pour certaines catégories, entre 100 et 105 dinars pour d’autres, et à 90 dinars pour le reste des catégories, avec une progression sur les années 2026, 2027 et 2028.

Le texte prévoit également des règles, notamment l’impossibilité de cumuler certaines indemnités, et précise que ces augmentations s’appliquent aussi aux pensions de retraite.

Un autre décret concerne les agents des établissements publics, avec des augmentations similaires selon les catégories, intégrées dans une indemnité mensuelle versée sur 12 mois.

Enfin, un décret spécifique prévoit une augmentation des salaires des magistrats, avec une hausse annuelle de 120 dinars sur la période 2026-2028, également applicable aux pensions des retraités du secteur judiciaire.