Tunisie : la fuite des cerveaux coûte des milliards et inquiète les autorités

La Tunisie fait face à une fuite des cerveaux de plus en plus préoccupante, touchant particulièrement les ingénieurs et les médecins, dont les départs à l’étranger s’accélèrent d’année en année. Selon les données de l’Ordre des ingénieurs tunisiens, environ 6 500 ingénieurs ont quitté le pays en 2024, puis près de 7 000 en 2025, avec des projections qui dépassent les 8 000 départs annuels en 2026 si la tendance se poursuit.

Sur la dernière décennie, ce sont plus de 46 000 ingénieurs qui auraient émigré. Dans le secteur médical, près de 1 300 médecins ont quitté la Tunisie en 2024, plus de 1 400 en 2025, et les estimations pour 2026 avoisinent les 1 600 départs, avec plus de 6 000 médecins partis depuis 2021. Au-delà des chiffres, cette tendance représente une perte stratégique majeure pour le pays, qui voit s’éroder une partie essentielle de son capital humain formé dans les universités publiques.

Sur le plan économique, l’impact est également considérable, avec des coûts de formation élevés supportés par l’État, estimés entre 1,4 et 2,7 milliards de dinars pour les ingénieurs et environ 900 millions de dinars pour les médecins, sans compter les pertes liées à la fiscalité et à la valeur ajoutée. Cette situation soulève ainsi des enjeux profonds pour l’avenir du développement économique et social de la Tunisie, ainsi que pour la qualité de ses services publics essentiels.