Tunisie – Affaires religieuses : Tous les imams en exercice sont désignés par le ministère

Le ministère des Affaires religieuses a définitivement mis un terme aux tentatives de s’approprier le minbar des mosquées, phénomène fréquent après la révolution, a affirmé mardi le chef du cabinet du ministre des Affaires religieuses, Tarek Harrabi.

Tous les imams en exercice sont désignés par le ministère.

Ils ont fait l’objet d’une enquête préalable à leur affectation, a-t-il ajouté.

“Si l’un des imams dévie, le ministère prend les mesures nécessaires à son encontre”, a indiqué le chef du cabinet dans d’une déclaration de presse à l’occasion d’une conférence à Tunis sur “la réforme des affaires religieuses et le rôle des imams dans la lutte contre l’extrémisme”.

Une commission relevant du département se charge de trancher la question en infligeant une sanction à l’imam concerné si l’erreur commise venait à être prouvée, soit en lui adressant un avertissement ou en mettant fin à sa mission, a expliqué Tarek Harrabi.

S’agissant du thème de la conférence, le responsable a estimé que la lutte contre l’extrémisme et le terrorisme est l’affaire de tous et ne relève pas uniquement des attributions du ministère des Affaires religieuses.

Et d’ajouter que le département a mis en place un programme spécifique à cette question qu’il a mis en œuvre depuis deux ans et mobilisé, pour ce faire, 7 millions de dinars.

Pour sa part, le président du centre Islam et Démocratie, Radhouane Masmoudi a souligné la nécessité de former les imams pour une meilleure communication avec les jeunes, qualifiant d’essentiel le rôle des imams dans la diffusion des valeurs de modération et de tolérance.

Selon lui, le projet “main dans la main pour lutter contre l’extrémisme et le terrorisme” consiste à combattre ce fléau pour en tarir la source, dans le sens de la révision du discours religieux prêché dans les mosquées et la diffusion, d’une pensée islamique modérée prônant les vraies valeurs de l’Islam.

A noter que ce projet mis en œuvre par le centre Islam et démocratie en partenariat avec le ministère des Affaires religieuses, est financé par l’ambassade du Canada à Tunis.

S’étalant sur une période de 18 mois, ce projet se propose de former 400 imams dans cinq gouvernorats (Bizerte, Tunis, Kairouan, Kasserine et Médenine).