Tunisie – Bizerte : Dépolitisation des structures et endettement au centre des préoccupations du congrès de l’ULAP

Les congrès des dix Unions locales de l’agriculture et de la pêche (ULAP) du gouvernorat de Bizerte se sont déroulés, lundi, sous la présidence des membres du bureau exécutif national de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP).

Le président de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche du gouvernorat de Bizerte et des membres du bureau exécutif régional qui ont assisté à ces congrès, dans les différentes délégations ont souligné que ces échéances ont offert l’opportunité de soulever un ensemble de problèmes, notamment ceux relatifs à la restructuration de l’organisation, à l’échelle nationale, régionale et locale, ainsi qu’au niveau de la base, à la neutralité vis à vis des considérations politiques, de son indépendance par rapport au pouvoir et aux partis politiques et à la dynamisation de son rôle syndical pour la défense de la profession.

Les autres questions évoquées portent, en particulier, sur le règlement des problèmes en suspens dont souffre le secteur agricole, ainsi que les problématiques conjoncturelles à caractère régional ou local. Les congressistes ont exprimé leur mécontentement face à ce qu’ils ont qualifié de “marginalisation de l’UTAP par les autorités”, soulignant à cet égard, l’absence de l’organisation dans le processus de négociations et la conclusion du pacte social, a constaté le correspondant de l’agence TAP dans la région lors des travaux du congrès de l’ULAP de Bizerte-sud qui compte 300 adhérents.

Les congressistes ont appelé à la nécessité de relancer le rôle de l’Union, en tant qu’organisation syndicale indépendante dont la mission est l’encadrement des agriculteurs et la défense de leurs intérêts par les moyens légitimes, y compris le non approvisionnement du marché en cas de refus de leurs revendications professionnelles.

Ces revendications portent, notamment, sur le traitement du dossier de l’endettement du secteur agricole, qui selon eux, ne représente qu’une partie minime estimée à 2,7% de l’endettement national dans les différents secteurs, tels que le tourisme, l’industrie, les services et autres. Ils appellent également à la régularisation des situations foncières des terres agricoles, à l’aménagement des pistes vicinales et à la réhabilitation des marchés, outre l’application de la règle de l’offre et de la demande dans la fixation des prix des produits agricoles et la maîtrise des coûts de production.

Les congressistes réclament aussi l’intensification du contrôle sur les médicaments produits en Tunisie ou importés et la refonte du statut des groupements des eaux et l’unification des prix des eaux d’irrigation dans toutes les régions du pays.

La présidente du congrès et membre du bureau exécutif national de L’UTAP et membre du bureau exécutif national de L’UTAP, Haddadia Ghribi a incité les professionnels du secteur à défendre leur organisation, à “l’écarter des tiraillements politiques” et à la protéger contre les tentatives de “mainmise” du parti “Ennahdha” (principale composante de la Troika au pouvoir).

Les professionnels du secteur sont appelés plus que jamais à s’organiser dans des structures professionnelles à même de transcender les difficultés du secteur et à maîtriser les coûts de production, a-t-elle soutenu. A noter que les congrès locaux dans le gouvernorat de Bizerte ont abouti à l’élection d’instances composées en majorité de jeunes.

Les nouvelles instances ont été élues par consensus, hormis les unions locales de Alia et d’Utique où l’élection s’est déroulée au suffrage direct et libre.

DI/TAP