Manouba : Des militants de la société civile visitent les grévistes de la faim à la prison de Mornaguia

 Des militants de la société civile et des défenseurs des droits de l’Homme ont visité, lundi, les grévistes de la faim à la prison civile de Mornaguia, a constaté un journaliste de l’agence TAP.

Ils ont pris connaissance de la situation des détenus arrêtés suite aux incidents de l’ambassade américaine, de l’espace culturel Abdellia et d’autres affaires de droit commun, et qui sont entrés dans une grève de la faim. Imed Rekik, du centre “Citoyenneté, Culture et Démocratie”, a indiqué au correspondant de TAP à la Manouba que cette visite a pour objectif de “contribuer aux efforts visant à convaincre les détenus de cesser leurs grèves de la faim”, faisant remarquer que certains d’entre eux ont été difficiles à convaincre et s’obstinent à poursuivre la grève “quelque soit le prix à payer”.

Sondes Garbouj, de la section tunisienne d’Amnesty International, a indiqué que plus de 120 prisonniers sont entrés dans une grève de la faim, précisant que leurs états de santé sont de gravité variable. “Nous avons relevé plusieurs insuffisances au niveau des conditions d’incarcération”, a-t-elle souligné. Zouheir Ben Youssef, de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme, a pour sa part prévenu que “la grève continue et tend va vers l’escalade”.

“Notre délégation a relevé des dépassements et n’a pas pu visiter les pavillons réservés aux détenus”, a-t-il dénoncé. Fadhel Sayhi, chargé de mission au ministère de la justice, a expliqué que cette visite a été organisée à l’initiative de son département « en vue d’associer la société civile aux efforts fournis pour convaincre les grévistes de la faim de mettre fin à leur grève ».

Un communiqué du ministère de la justice souligne, lundi, que la délégation de la société civile s’est réunie longuement avec les grévistes de la faim, a écouté leurs doléances et a pris connaissance de leur situation et des traitements qui leur sont dispensés. Certains détenus, indique le communiqué, revendiquent le même traitement que les prisonniers incarcérés dans des affaires similaires, à l’instar de ceux arrêtés lors des incidents de la localité d’AlOmrane, à Sidi Bouzid.

D’autres, ajoute-t-il, demandent que les jugements soient accélérés et que les conditions d’incarcération soient améliorées. La délégation qui a visité les grévistes de la faim à la prison de Mornaguia était composée de représentants de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme, de l’organisation Liberté et Equité, de l’Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques, du Conseil National des Libertés, de l’Organisation Tunisienne pour la Réforme pénale et sécuritaire, de l’Association Tunisienne de lutte contre la torture, de l’Association des jeunes avocats, d’Amnesty International Tunisie et de l’organisation Dignité et Citoyenneté.

WMC/TAP