Les participants à une visio-conférence régionale sur « l’enseignement des adultes et l’éducation aux médias », tenue mercredi soir avec la participation de représentants de la Tunisie, de l’Égypte et de la Palestine, ont souligné la nécessité d’unifier la terminologie et le lexique relatifs à l’enseignement des adultes et à l’éducation aux médias dans le monde arabe.
Organisée à l’initiative de la Campagne arabe pour l’éducation pour tous (ACEA), sous le thème « La problématique de la terminologie dans l’enseignement des adultes », cette visioconférence s’inscrit dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de l’alphabétisation, célébrée le 8 septembre de chaque année.
Intervenant à cette occasion, Wahiba Ghali, chercheuse tunisienne dans le domaine des médias et de la communication, a souligné la nécessité de distinguer entre « apprentissage et enseignement des adultes ».
Elle a expliqué que le premier terme renvoie à l’apprentissage continu et à l’acquisition de notions politiques et sociales, telles que la citoyenneté et la participation à la vie publique, tandis que le second désigne une action éducative menée par un intervenant pédagogique visant à développer les compétences et les expériences.
Elle a relevé que les médias jouent un rôle important qui ne se limite pas à transmettre ou à définir les termes, notamment dans le domaine de l’éducation, mais qu’ils contribuent également à façonner les représentations et les concepts auprès du public. Elle a ainsi estimé qu’il est désormais nécessaire d’unifier les termes relatifs à l’éducation aux médias dans le monde arabe.
Selon elle, l’enjeu consiste moins à établir des distinctions entre les termes qu’à les comprendre et à les présenter de manière plus accessible, tout en tenant compte des spécificités de chaque contexte, afin de contribuer à la construction d’un imaginaire collectif arabe sain et à l’élaboration d’une terminologie efficace.
De son côté, le chercheur palestinien en sciences de l’éducation, Nassim Kabha, a estimé que la terminologie arabe est marquée par une certaine confusion et un manque de clarté, alors qu’elle avait auparavant joué un rôle important dans la contribution au développement des civilisations.
Il a considéré que cette question relève d’un enjeu existentiel lié à l’identité de l’apprenant.
Le chercheur a expliqué que l’action éducative destinée à l’apprenant repose sur des objectifs précis visant à développer un secteur ou un domaine donné, notamment l’économie et l’investissement, dans les pays concernés.
Il a, dans ce contexte, appelé à revoir les termes utilisés, à en révéler les dimensions philosophiques et existentielles et à élaborer un lexique arabe unifié consacré à l’apprentissage des adultes.
Il a également plaidé pour l’élaboration d’une conception arabe respectueuse des spécificités des pays arabes et leur permettant de s’ouvrir sur le monde sans dépendance à l’égard de l’Occident, tout en associant l’information éducative à l’élaboration de cette référence arabe commune en matière de terminologie.




