SONEDE : une communication jugée dépassée à l’ère du numérique

La communication publique est aujourd’hui devenue un élément essentiel dans la relation entre les institutions et les citoyens. À l’ère du numérique et des réseaux sociaux, il ne suffit plus de transmettre une information : encore faut-il savoir la présenter de manière claire, moderne, accessible et crédible. C’est précisément la question soulevée par une récente capsule vidéo publiée par la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE), destinée à rassurer les Tunisiens sur la sécurité sanitaire de l’eau du robinet. Tournée au sein du complexe de Ghdir El Golla, cette initiative avait pourtant un objectif important : expliquer au grand public les différentes étapes du traitement de l’eau, qu’elle provienne des barrages, des nappes souterraines ou du dessalement, jusqu’à sa phase finale de désinfection.

Cependant, malgré une intention jugée positive sur le fond, la forme de cette communication a suscité de nombreuses critiques. La qualité de la réalisation, le cadrage, l’éclairage, les choix visuels ainsi que la manière de présenter le message ont donné l’impression d’un contenu dépassé et peu adapté aux exigences actuelles de la communication audiovisuelle. Au lieu de mettre en valeur les infrastructures, le savoir-faire technique et les efforts déployés pour garantir la qualité de l’eau potable, la vidéo aurait davantage renvoyé une image peu professionnelle de l’institution.

Cette situation soulève une question plus large sur la communication des établissements publics en Tunisie. À une époque où l’image occupe une place centrale et où les citoyens sont quotidiennement exposés à des contenus numériques modernes et soignés, les institutions publiques doivent elles aussi s’adapter aux nouvelles méthodes de communication. Une vidéo destinée à informer ou à rassurer le public doit être à la fois pédagogique, attractive et professionnelle. La qualité de la production audiovisuelle devient ainsi un élément essentiel pour renforcer la confiance des citoyens et valoriser le travail réalisé sur le terrain.

La Tunisie compte pourtant de nombreux jeunes professionnels compétents dans les domaines de l’audiovisuel, du numérique, du design et de la communication. Moderniser les contenus produits par les institutions publiques ne représente donc pas seulement une question d’esthétique, mais également un véritable enjeu stratégique. Une communication réussie permet de mieux expliquer les difficultés rencontrées, de valoriser les efforts des équipes et d’établir une relation plus transparente avec les citoyens.

Dans le cas de la SONEDE, cette polémique pourrait ainsi être l’occasion de repenser sa stratégie de communication et d’adopter des outils plus modernes et plus efficaces. Car aujourd’hui, communiquer ne consiste plus simplement à diffuser une information : il s’agit de savoir raconter, expliquer et convaincre. La communication publique est devenue un véritable métier qui exige des compétences, de la créativité et une parfaite compréhension des attentes du public.