L’Union générale tunisienne du travail (UGTT), l’Ordre national des avocats de Tunisie et la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), ont annoncé la création d’un « cadre de coordination commun », destiné, selon elles, à « défendre les intérêts de la Tunisie et les Tunisiens, préserver les droits et les libertés et soutenir l’État de droit et des institutions ».
Cette initiative est ouverte à « toutes les forces vives et démocratiques » ainsi qu’aux acteurs nationaux. Elle vise à dessiner de nouveaux horizons fondés sur le dialogue et la participation, précisent les trois organisations nationales dans une déclaration commune publiée jeudi.
Selon les signataires, la Tunisie traverse une « profonde crise politique, économique et sociale » en raison de choix et de politiques ayant largement contribué à la baisse du pouvoir d’achat ainsi qu’à l’extension de la pauvreté, du chômage et de la précarité.
Les organisations ont également exprimé leur « inquiétude » face à ce qu’elles décrivent comme un recul dans le domaine des droits et des libertés, ainsi qu’à un « resserrement de l’espace politique, syndical et civil », outre ce qu’elles considèrent comme une « atteinte à l’indépendance de la justice ».
Dans leur déclaration, les trois organisations critiquent la situation dans les prisons et les centres de détention, ainsi que l’état de la liberté de la presse et les « restrictions visant les journalistes ».
Sur le plan social et économique, les organisations évoquent « une aggravation des difficultés d’approvisionnement en eau, en électricité, en médicaments et en certains produits de première nécessité, ainsi que la hausse des prix ».
Elles ont appelé à une révision globale des choix économiques et sociaux ainsi que des politiques publiques, et à l’ouverture d’un processus de dialogue sociétal susceptible, selon elles, de déboucher sur des solutions économiques, sociales et politiques, tout en préservant l’unité du pays et en protégeant les droits et les libertés.
Les organisations affirment que la création de ce cadre de coordination procède d’une « responsabilité historique », qui impose de rester vigilants, de préserver les acquis du peuple, de défendre l’État de droit et les institutions, de préserver l’indépendance de la société civile et de protéger les droits et les libertés.
La déclaration a été signée au siège de l’UGTT par le secrétaire général de l’Union Slaheddine Selmi, le bâtonnier de l’Ordre des avocats Boubaker Bethabet et le président de la LTDH Bassam Trifi.




