Crise de l’eau : 608 signalements en juillet, une urgence hydrique sans précédent

Le chiffre est sans appel : 608 signalements en un seul mois. L’Observatoire tunisien de l’eau (OTE) a tiré la sonnette d’alarme, qualifiant la situation de « phase critique d’urgence hydrique » après un juillet marqué par une vague de chaleur implacable et un pic de consommation record.

C’est le bilan mensuel le plus lourd enregistré depuis le début de l’année.

Sur ces 608 cas, 549 signalements portent sur des coupures non annoncées et des perturbations dans la distribution de l’eau potable, selon le rapport de l’Observatoire consacré à la « carte de la soif ».

Ces indicateurs, souligne le rapport, révèlent que le système d’approvisionnement en eau craque sous la pression estivale.

La cartographie de la crise est révélatrice. Les zones côtières et les régions touristiques, soumises à une double pression démographique et de consommation, concentrent l’essentiel des signalements.

Le Sahel et le Cap Bon cristallisent ainsi la détresse hydrique du pays. C’est ainsi que Nabeul prend la tête du classement avec 65 cas suivie de Monastir avec 62, devant Mahdia (51), Sousse (49), Sfax (42) et Médenine (41).

Par ailleurs, les mouvements de protestation liés à la crise de l’eau ont bondi de 23 en juin à 34 en juillet 2026, soit une hausse de près de 48 % en un mois que l’Observatoire juge « alarmante ».

À cela s’ajoutent 13 cas de fuites d’eau et 12 signalements sur la qualité de l’eau potable, autant d’indices qui dressent un tableau préoccupant.

Face à cette spirale, l’Observatoire exige des interventions urgentes et des solutions durables pour garantir le droit d’accès à l’eau et rééquilibrer la distribution des ressources hydriques à l’échelle nationale.