Le bâtonnier de l’Ordre National des Avocats de Tunisie, Boubaker Ben Thabet a fait savoir mardi que les actions menées par le Barreau lundi 18 mai et qui se poursuivent jusqu’au 18 juin 2026 sont le résultat de l’indifférence envers les revendications de la profession.
« Notre protestation est légale (…) nous sommes ouverts au dialogue. », a-t-il déclaré
Le Conseil de l’ONAT a décidé le 13 mai d’entreprendre une série de mouvements de protestation, à compter du 18 mai comprenant des grèves générales au niveau régional, une grève générale nationale avec présence sur les lieux de travail et port du brassard rouge à partir du lundi 18 mai.
Lors d’une conférence de presse tenue au siège de l’Ordre, Ben Thabet a souligné que les actions des avocats ne constituent pas une démonstration de force, ni une entrave au bon fonctionnement du service judiciaire. Elles sont nécessaires pour pousser à l’examen des revendications professionnelles concernant la réforme et la modernisation du service judiciaire.
Il a rappelé en ce sens que les réclamations, des avocats ont été adressées dans une note écrite au ministère de la Justice, le 23 janvier 2026, incluant un appel à la réforme du cadre législatif régissant la profession et les décrets réglementaires y afférant.
Le bâtonnier a insisté sur l’attachement des avocats à leurs revendications et leur ouverture au dialogue, seul moyen pour parvenir à une solution consensuelle.
Il a par ailleurs tenu à préciser que le processus de résolution des affaires pendantes est affecté par le dysfonctionnement des tribunaux », réagissant au communiqué du ministère de la Justice publié lundi dans lequel le département affirme que les mouvements de protestation et la suspension des prestations annoncés par l’Ordre national des avocats “n’auront aucun impact sur le fonctionnement du service public de la justice et que l’ensemble des tribunaux continueront de fonctionner normalement”.
Il a à cet égard considéré que « le ministère de la Justice et les avocats ont un intérêt public commun et qu’une coopération est nécessaire pour le réaliser ».
Le bâtonnier a, par ailleurs, abordé le recours interjeté par le procureur général de la Cour d’appel de Tunis sur les modalités de la tenue d’une Assemblée générale exceptionnelle du Barreau le 1er mai.
Il a tenu à préciser que les recours concernent les Assemblées générales extraordinaires. Dans ce cas, en l’absence du tiers des avocats à l’Assemblée générale, une deuxième Assemblée est organisée dans un délai de 15 jours à un mois maximum pour réunir le quorum. Partant, l’Assemblée du 1er mai peut être qualifiée de meeting d’information ou d’assemblée consultative.
Le 11 mai, le procureur général près la Cour d’appel de Tunis a interjeté appel des modalités de tenue de l’Assemblée générale des avocats du 1er mai 2026. Une audience a été fixée pour le 10 juin prochain pour examiner ce recours.
Avant la conférence de presse, un rassemblement a eu lieu dans le hall du Palais de Justice de Tunis, réunissant les membres des sections régionales de l’ordre des avocats de Tunis et Nabeul.
Dans une déclaration publiée ce mardi, le Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) avait dénoncé ” l’empêchement des journalistes de couvrir le mouvement organisé à l’appel du Barreau à l’intérieur du Palais de Justice dans le cadre des restrictions imposées au travail journalistique au sein des espaces judiciaires et alentours”.
Le Syndicat a appelé, dans ce sens le ministère de la Justice à mettre fin à ces pratiques contraires aux garanties constitutionnelles et juridiques de la liberté d’expression et de la presse ainsi que du respect du droit des journalistes à couvrir et à accéder à l’information.




