Le président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), Zied Dabbar, a affirmé, mardi, que l’une des questions urgentes pour protéger les droits et les libertés est de commencer à réviser incessamment le décret n° 54, considérant que “l’élargissement de ses usages dans les affaires d’opinion et d’expression représente un danger pour l’avenir de la profession journalistique”.
Dans son intervention lors d’un séminaire organisé à Tunis, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse sous le slogan “Former un avenir de paix”, le président du SNJT a déclaré que “la Tunisie a enregistré un recul dans le système d’accès à l’information malgré la prolifération des fausses nouvelles générées par l’intelligence artificielle”, considérant que cela représente un défi international pour la crédibilité du travail des journalistes.
Le monde connaît, a-t-dit, une tendance croissante à une mise sous tutelle des médias, même dans les pays classés comme démocratiques. Cet aspect a conduit à une profonde inquiétude, notamment en raison de la présence d’environ 500 journalistes en prison dans de nombreux pays à travers le monde.
L’absence d’une autorité de régulation pour le secteur audiovisuel en Tunisie a eu un impact négatif sur la qualité des contenus médiatiques et provoqué une confusion dans la profession médiatique ainsi que l’augmentation de la vulnérabilité économique des entreprises dans ce secteur, a ajouté la même source.
Le bâtonnier des avocats, Boubaker Ben Thabet, a indiqué “il y a des pressions sur les “défenseurs des droits de l’homme”, soulignant que l’Ordre des avocats mène un “effort de lutte” pour l’indépendance de la justice, pilier fondamental des droits et des libertés.
À son tour, le président de la Commission des droits et des libertés à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Thabet El-Abed, a déclaré que “le législatif ne traite pas les différents textes soumis de la même manière”, en particulier ceux relatifs à l’amendement du “décret 54”, ajoutant que le journaliste “est aujourd’hui seul face à une autorité méfiante ou à un marché qui ne voit dans l’information qu’une marchandise”.
Parallèlement, la coordinatrice résidente des Nations Unies en Tunisie, Rana Taha, a révélé que 58 % des agressions contre les journalistes en 2025 ont été enregistrées principalement dans la région du Moyen-Orient.
Selon elle, l’année 2026 a enregistré des dizaines de victimes parmi les journalistes depuis le début de l’année.
La coordinatrice résidente des Nations Unies en Tunisie a considéré, en outre, que les journalistes sont les premières victimes des tensions sécuritaires en raison des poursuites, de la surveillance et des menaces auxquelles ils font face.
Cette conférence a été corroborée par des sessions scientifiques avec la participation de plusieurs acteurs appartenant à la profession journalistique.
Plusieurs axes ont été abordés dont notamment le rôle de l’éducation dans les médias dans “la protection de l’espace public et de la paix civile”, ainsi que la responsabilité des médias face à la montée du discours de la haine, aux transformations numériques et à l’intelligence artificielle.




