Les négociations entre l’Iran et les Etats-Unis, dont une première session a échoué durant le week-end, pourraient reprendre prochainement à Islamabad, selon cinq sources au fait des tractations.
“Aucune date n’a été fixée, les délégations se laissent une fenêtre entre vendredi et dimanche”, a dit une source iranienne à Reuters. Un représentant de l’ambassade iranienne au Pakistan a évoqué la fin de la semaine ou le début de la semaine prochaine.
Deux sources pakistanaises autorisées précisent que le Pakistan, qui fait office de médiateur, communique avec les deux parties pour s’accorder sur une prochaine rencontre, ajoutant que celle-ci pourrait avoir lieu ce week-end.
“Nous avons contacté l’Iran et nous avons obtenu une réponse positive quant à leur disponibilité pour une deuxième session de discussions”, a rapporté un haut responsable gouvernemental pakistanais.
Le ministère pakistanais des Affaires étrangères, les services du Premier ministre pakistanais n’ont pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaire, de même que la Maison blanche.
Les discussions du week-end passé entre la délégation américaine menée par le vice-président J.D. Vance et la délégation de Téhéran conduite par le président du Parlement iranien Mohammad Baqer Qalibaf n’ont pas permis d’avancée majeure vers un accord, alimentant l’incertitude sur la viabilité du cessez-le-feu de deux semaines annoncé mercredi.
Mais des sources informées avaient toutefois rapporté que les échanges étaient maintenus. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a déclaré lundi que “tous les efforts continuent d’être déployés pour résoudre les différends”.
J.D. Vance a souligné pour sa part lundi soir que la “balle est dans le camp” de l’Iran, appelant implicitement à des concessions de sa part. “Des progrès ont été réalisés”, a-t-il dit à la chaîne de télévision Fox News. “Ils ont avancé dans notre direction , mais pas assez”.
Outre le détroit d’Ormuz, le point d’achoppement est la question du nucléaire iranien. Donald Trump a déclaré lundi qu’il n’autoriserait pas un accord permettant à Téhéran de se doter de l’arme nucléaire. “L’Iran n’aura pas l’arme nucléaire. Nous ne pouvons pas laisser un pays faire chanter ou extorquer le monde”, a dit le président américain, qui avait menacé la semaine dernière d’éradiquer la civilisation iranienne.
Il a affirmé que tout navire iranien qui tenterait de s’affranchir du blocus imposé depuis lundi sur les ports iraniens par l’armée américaine serait “éliminé”. Trois pétroliers visés par des sanctions américaines transitaient mardi dans le détroit d’Ormuz, selon des données de navigation LSEG.
Un porte-parole du ministère iranien de la Défense a prévenu que des opérations militaires étrangères dans le détroit d’Ormuz auraient pour effet d’exacerber la crise et l’instabilité sur les marchés de l’énergie.
Les cours du pétrole, sans aucun doute l’indicateur le plus suivi dans cette crise touchant une région clé pour le transport et la production du brut qu’est le Moyen-Orient, reculent légèrement mardi pour repasser sous la barre symbolique des 100 dollars le baril.




