Le président de l’observatoire des droits et libertés en Tunisie Anouer Ouled Ali a appelé, mercredi, les juges à être plus efficaces et plus rigoureux face aux personnes impliquées dans des affaires de torture.
Lors d’une rencontre organisée mercredi à Tunis sous le thème ” La torture est-elle synonyme de révélation de la vérité et évite-t-elle le crime? L’exemple des affaires du Bardo et de Sousse”, Ouled Ali a expliqué que le traitement des dossiers sur la torture est toujours marqué par une “lenteur”, notant que l’affaire relative à la torture de personnes arrêtées dans le cadre de l’attaque terroriste du Bardo n’a pas encore été tranchée 4 ans après.
” La torture ne permet pas forcément de révéler la vérité et n’évitera pas le crime “, a-t-il soutenu, citant en exemple l’affaire du Bardo dans le cadre de laquelle 23 personnes ont été arrêtées et accusées d’être impliquées dans l’attaque. Selon lui, ces personnes ont été torturées et forcées de reconnaître leur implication dans cette attaque de manière ” à ne pas tenir compte des véritables coupables qui ont ensuite commis l’attaque terroriste de Sousse “. Tous les accusés ont ensuite été relâchés et leurs dossiers ont été classés, a-t-il dit.
Ouled Ali a estimé que la torture est toujours présente en Tunisie, en particulier dans certains grands dossiers.
Certes, a-t-il ajouté, ces pratiques ont régressé après l’adoption de la loi n° 2016-5 qui accorde le droit de consulter un avocat avant l’interrogatoire par la police mais elles persistent toujours surtout dans les affaires liées au terrorisme. La loi peut interdire la présence de l’avocat pour une durée ne dépassant pas 48h de la date de la garde à vue.
Pour lui, ” mettre un terme à la torture dans les centres de détention nécessite d’abord que la victime ait le courage de révéler tous les moyens de torture auxquels elle avait été soumise sans craindre aucune partie “. Car, a-t-il insisté, demander des comptes aux tortionnaires empêcherait de telles pratiques, devenues inacceptables en Tunisie après la révolution du 14 janvier.
Au cours de la rencontre, des témoignages de personnes affirmant avoir été torturées dans le cadre de l’affaire terroriste du Bardo ont été présentés. Elles ont révélé les méthodes de torture utilisées: privation de sommeil et de nourriture, menaces de torture envers la famille…




