Les forces de la sûreté nationale ont levé, lundi matin à l’aube, le sit-in observé depuis plus de deux mois, par quelque 266 ouvriers devant la société pétrolière Petrofac à Kerkennah, pour revendiquer la régularisation de leur situation professionnelle.
Le coordinateur du bureau régional de l’union des diplômés au chômage à Kerkennah, Ahmed Souissi, a indiqué dans une communication téléphonique avec le correspondant de la TAP à Sfax, qu’un renfort sécuritaire a été déployé pour assurer la levée du sit- in.
Les protestataires, a-t-il expliqué, ont choisi de transférer leur sit-in, depuis les premières heures du matin, au niveau de la route principale à Mellita pour épargner tout affrontement.
Les forces sécuritaires ont libéré la voie dans la zone de Mellita après un usage de bombes lacrymogènes pour se déplacer par la suite au siège de la société Petrofac à ElKaraba et détruire la tente du sit-in, a encore dit Souissi.
Des affrontements ont eu lieu entre forces sécuritaires et sit-inneurs, qui ont répondu par des jets de pierres, a-t-il rappelé.
De son côté le porte-parole du district de la sûreté nationale à Sfax, Fathi Missaoui a démenti toute violence affirmant que les forces sécuritaires ont seulement utilisé quelques bombes lacrymogènes contre des protestataires qui ont ciblé, avec des pierres, des agents entrain d’éliminer les barrages de pneus et dégager la voie bloquée par les sit-inneurs.
Les protestataires ont endommagé deux bus des forces sécuritaires ainsi que deux véhicules et ont blessé un policier au niveau du visage, a précisé la même source.
Les forces sécuritaires avaient invité auparavant les sages de Mellita afin de convaincre les protestataires de lever leur sit-in mais après des heures d’attente aucune réaction favorable pour résoudre le problème.
Selon des instructions du ministère Public, les forces sécuritaires ont levé le sit-in afin de permettre à près de 400 employés de Petrofac d’exercer leur travail. Un responsable de Petrofac avait annoncé auparavant que la société examine réellement l’idée de quitter le territoire tunisien à cause des sit-in qui entravent les activités de la société.
La société endure des pertes financières énormes estimées à 200 mille dinars par jour à cause de l’arrêt de la production face à “une ignorance totale des autorités tunisiennes”, selon lui. Il convient de rappeler que Petrofac assure 12,5 pc des besoins de la Tunisie en Gaz et favorise de l’électricité aux gouvernorats du sud et à Sfax.
L’arrêt des activités de Petrofac signifie des pertes estimées à près de 50 millions de dinars avec l’obligation à l’Etat tunisien d’importer du gaz sachant que la société favorise actuellement des recettes annuelles estimées à 100 millions de dinars.
Petrofac possède 45 pc du projet d’exploitation du Gaz à Kerkennah et la société tunisienne des activités pétrolières, représentant l’Etat tunisien, possède 55%.




