La situation économique et financière en Tunisie est très difficile mais une reprise demeure prévisible à condition d’engager des réformes structurelles, urgentes et à temps, selon des économistes interviewés par l’Agence TAP.
Pour redresser l’économie et mobiliser des ressources financières additionnelles, ils ont recommandé le lancement d’un emprunt national ouvert non plafonné et sans date de fermeture outre l’organisation d’une conférence des bailleurs de fonds ou un club de Tunis.
Situation difficile mais un endettement soutenable
Amor Tahari, consultant auprès Peterson Institute for International Economics et la Banque mondiale a indiqué que la situation économique et financière en Tunisie est “très difficile” et les perspectives demeurent «très inquiétantes ». Le taux de croissance (prévu cette année en l’occurrence 2,5%) reste faible et en dessous des 6 ou 7% requis pour réduire le taux de chômage élevé et améliorer le niveau de vie des Tunisiens, a-t-il précisé.
Par ailleurs, «Les problèmes de gouvernance et de corruption et les difficultés structurelles relatives aux secteur financier et au système fiscal n’ont pas été résolus, outre la situation difficile de certaines entreprises publiques», a-t-il rappelé.
De son coté, l’universitaire et économiste Taher Almi a estimé que la situation économique est stabilisée et une reprise progressive de l’activité industrielle est prévisible au cours des 3ème et 4ème trimestres. Il s’attend également, à une amélioration des exportations, un repli du taux d’inflation ainsi qu’une légère baisse du taux de chômage a-t-il ajouté, dans une interview à l’Agence TAP.
Il a, par ailleurs, souligné que “les fondamentaux de la Tunisie sont très moyens mais peuvent s’améliorer”.
S’agissant de l’endettement extérieur, Almi a précisé que son niveau demeure très supportable. «Toutefois, il vaut mieux éviter l’endettement extérieur et opter pour l’emprunt sur le marché local, a-t-il dit. « Il y a suffisamment de liquidités sous les matelas», selon ses propos. La preuve est apportée par le marché financier, où les opérations d’augmentation de capital remportent un succès auprès du public et des investisseurs, a-t-il précisé.
Pour Almi, l’on peut envisager des perspectives prometteuses à partir de 2015, si les saisons agricoles et touristiques seront, au cours de cette année (2014) , bonnes, appelant “à ne pas trop tirer la sonnette d’alarme pour des raisons politiques”.



