Tunisie : Composition du Gouvernement Mehdi Jomaa (Officielle)

mehdi-jomaa-tunisie-002Un nouveau gouvernement dans un nouvel esprit, c’est bel et bien une révolution que veut Mehdi Jomaâ, Premier ministre issu du Dialogue national, mais dans le sens de la mise en place d’un nouveau paysage politico-administratif et socioéconomique en Tunisie.

Elles et ils sont tous hautement qualifiés, diplômés des plus grandes écoles et autres instituts de par le monde et dotés de distinction prouvant leurs compétences outre leurs capacités managériales et leurs expériences, chacun, chacune dans son domaine. C’est un peu une révolution mais par les compétences.

Cela nous change. Car l’attelage capable de remettre en selle la Tunisie a dû répondre à nombre d’exigences imposées par les nécessités du moment et les conditions de la Feuille de route mise en place par le quartette.
Aucune appartenance partisane, aucune allégeance personnelle, zéro faute professionnelle, une intégrité morale et une diversité régionale. La tâche du nouveau Premier ministre a été ardue mais la Tunisie le vaut bien car il était pour un repositionnement à l’international et la reprise du rang et du rôle qu’elle occupait auparavant.

Ce sont donc des technocrates rompus à la tâche associés à des hauts commis de l’Etat bien rodés aux rouages administratifs et aux arcanes du pouvoir qui assureront cette énième phase transitoire de la Tunisie post-14 janvier : « J’ai tenu à mettre la barre très haut, notre pays est riche en compétences, qu’il s’agisse de celles qui ont toujours exercé sur le sol national ou de celles qui ont travaillé à l’international. Ce sont des personnes opérationnelles et réactives, qui agiront rapidement dans leurs secteurs et selon leurs prérogatives pour améliorer la situation du pays et répondre aux priorités dans la mesure du possible et des moyens qui s’offrent à eux. Plus que tout, j’ai tenu à ce que cette équipe gouvernementale soit soudée et travaille dans le seul objectif de servir les intérêts de la nation et du pays», indique Mehdi Jomaâ.

Le nouveau gouvernement se présenterait donc comme suit :

– Premier ministre : Mehdi Jomaâ

– Ministre de la Défense nationale : Ghazi Jeribi
– Ministre des Affaires Etrangères : Mongi Hamdi

– Ministre de l’Intérieur : Lotfi Ben Jeddou

– Ministre délégué chargé de la sécurité nationale: Ridha Sfar

– Ministre de la Justice, des Droits de l’Homme et de la Justice transitionnelle : Hafedh Ben Salah
– Ministre des Affaires religieuses : Mounir Tlili
– Ministre de l’économie et des Finances : Hakim Ben Hammouda
– Ministre de l’Industrie, énergie et mines : Kamel Bennaceur
– Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et des TIC : Taoufik Jelassi
– Ministre de l’éducation nationale : Fathi Jarray
– Ministre de l’Agriculture : Lassaad Lachaal

– Ministre de la santé: Mohamed Salah Ben Ammar

– Ministre du Commerce et de l’Artisanat : Najla Harrouch Moalla

– Ministre des Affaires Sociales: Ahmed Ammar Younbaii

– Ministre de l’équipement, aménagement du territoire et développement durable : Hédi BelArbi

– Ministre du transport: Chiheb Ben Ahmed

– Ministre du Tourisme : Amel Karboul

– Ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle: Hafedh Laamouri
– Ministre de la Jeunesse, des Sports, de la Femme et de la Famille: Saber Bouatay
– Ministre de la Culture : Mourad Sakli

– Ministre auprès du premier ministre chargé de la coordination et des affaires économiques: Nidhal Ouerfelli

– Secrétaire d’Etat aux Affaires régionales et locales : Abderrazzek Ben Khlifa
– Secrétaire d’Etat aux Domaines de l’Etat : Mohamed Karim El Jamoussi
– Secrétaire d’Etat à la Coopération internationale : Noureddine Zekri
– Secrétaire d’Etat à l’Environnement : Mounir Majdoub

– Secrétaire d’Etat chargé des affaires de la femme et de la famille: Neila chaabane Hammouda

– Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères: Fayçal Gouiaa

– Secrétaire d’Etat auprès du chef du gouvernement, chargé de la Gouvernance et de la Fonction publique: Anouar Ben Khelifa

Une seule reconduction, trop controversée, celle du ministre de l’Intérieur contestée par certains partis et appuyée par les syndicats de police.

Alors que certains experts estiment le maintien en poste de Lotfi Ben Jeddou important, du moins jusqu’à ce que l’on lève définitivement et réellement le voile sur les assassinats politiques, les actes et les acteurs terroristes. La crainte de ceux qui veulent pousser Lotfi Ben Jeddou vers la psortie s’explique par l’infiltration du ministère de l’Intérieur du temps de son prédécesseur Ali Larayedh par des sympathisants et même des militants du parti Enahdha. Certains directeurs et directeurs généraux seraient confirmés comme étant trop proches du parti islamiste…

Pour le nouveau Premier ministre, la restauration de l’Etat de droit passe indubitablement par le rétablissement de l’institution sécuritaire dans son rôle à savoir : assurer l’ordre et la sécurité de tous les citoyens tunisiens dans le respect de la loi et sans aucune distinction idéologique ou partisane. Il s’agit également de redonner vie et moyens au service tunisien de renseignements réputé pour être l’un des plus importants et des plus efficients dans la lutte contre le terrorisme rampant dans le pays.

La restauration de l’Etat de droit passe également par l’accroissement des moyens mis à la disposition de l’institution judiciaire qui souffre depuis toujours d’un interventionnisme éhonté de la part du pouvoir exécutif et dont le summum aurait été atteint ces trois dernières années postrévolutionnaires.

Une administration neutre, une police républicaine, une justice indépendante consacrant la suprématie de la loi, l’amélioration des fondamentaux économiques et la stabilité sociale !

Waw, je plains déjà Mehdi Jomaâ et son équipe ! Mais à cœur vaillant, rien n’est impossible et peut être que, in fine, il existe un miracle tunisien.

Amel Belhdaj Ali