
Ahmed Néjib Chebbi, président du Haut comité politique du parti Al- Joumhouri, l’a déclaré à l’issue de la réunion de la haute instance de l’union, tenue jeudi à Tunis.
Chebbi a fait l’éloge des forces de sécurité et de l’armée nationale pour leur rôle en matière de protection de la sécurité publique et de défense des frontières, en particulier sur le massif du Chaambi, théâtre depuis quelque temps d’actes terroristes qui ont déjà fait des morts et des blessés parmi les militaires et les agents de l’ordre et dont le dernier en date s’est produit ce jeudi en cours de matinée au lieu dit Eddoghra, à flanc du Chaambi.
Deux militaires y ont trouvé la mort. Selon Chebbi, l’Union pour la Tunisie appelle à ce que toute l’importance requise soit accordée au fléau du terrorisme et réclame un échange de données, de renseignements et de vues à son sujet, outre la nécessité de convenir d’une stratégie nationale pour conjurer le terrorisme, « dans le cadre d’un front national uni ».
De son côté, Khémaies Ksila (Nidaa Tounes), lui aussi membre dirigeant de l’Union pour la Tunisie, a présenté la teneur d’une déclaration émanant de la haute instance de l’union qui y rejette un ensemble d’ « anomalies émaillant le dernier draft de la Constitution ».
L’une d’une anomalies invoquées concerne les dispositions de l’article 141 qui, en l’état actuel, stipule qu’ « aucun amendement constitutionnel ne peut toucher à l’islam, en tant que religion d’Etat, à la langue arabe, en tant que langue officielle, au régime républicain, au caractère civil de l’Etat, aux acquis en matière de droits de l’Homme et de libertés tels que consignés dans la présente Constitution, ni entraîner une révision à la hausse du nombre et de la durée des mandats présidentiels ».
D’après la déclaration, les dispositions de l’article 73 fixant un âge maximum d’éligibilité à la présidence de la République et celles de l’article 76 relatif aux prérogatives du président de la République et à leur rapport avec les prérogatives du chef du gouvernement constituent elles aussi des anomalies fondamentales.
Les récriminations exprimées portent également sur les dispositions de l’article 30 dans son deuxième alinea qui, selon la déclaration, pose des restrictions à la liberté d’opinion, de pensée, d’expression, de presse et d’édition, outre les dispositions de l’article 6 relatif à la nécessaire neutralité politique des mosquées et celles concernant le chapitre du pouvoir judiciaire, la composition du Conseil supérieur de la magistrature et l’indépendance du parquet.
Dans la même déclaration, l’Union pour la Tunisie dit rejeter les dispositions transitoires qui figurent au chapitre 10 du draft de la Constitution, considérant qu’elles « sont parachutées, vident la Constitution de sa substance, en entravent l’application et font du draft une simple version susceptible de réexamen par les commissions constituantes ».
Sur ce point particulier, l’Union pour la Tunisie réclame la création d’une commission constituante spécialement chargée de l’élaboration des disposition transitoires.
L’Union appelle enfin l’ensemble des composantes de la société civile et de la classe politique à renouer avec le dialogue national afin de parvenir aux compromis indispensables sur les volets controversés de la future Constitution.




