Vingt-sept ans après le climat d’inquiétude et la désertion des rues suscités par le phénomène de 1999, l’éclipse solaire partielle du 12 août 2026 a révélé une nette maturité de la culture scientifique des Tunisiens, désormais marquée par l’engouement, la curiosité et le respect des consignes de sécurité, a déclaré à l’Agence Tunis-Afrique-Presse (TAP) le vice-président de la Société tunisienne d’astronomie (STA), Hichem Yahia.
Selon Yahia, le comportement des citoyens face à l’événement du 12 août traduit une rupture claire avec les idées reçues et les interprétations alarmistes qui avaient marqué l’éclipse de 1999. A l’époque, malgré un taux d’occultation de 67 % à Tunis et de 53 % à Sfax, la désinformation et les craintes liées aux risques de lésions oculaires avaient poussé une grande partie de la population à rester chez elle, donnant à plusieurs villes l’aspect de « villes fantômes ».
« Le phénomène est passé d’une source de peur à une occasion de curiosité et de connaissance », a résumé Yahia, estimant que cette transformation témoigne d’une évolution notable de la conscience scientifique des citoyens et de leur capacité à accéder à une information fiable, 27 ans après l’éclipse du 11 août 1999.
En 2026, l’événement, bien que partiel avec un taux d’occultation d’environ 50 % à Tunis au pic atteint vers 19h11, a, au contraire, suscité un vif intérêt du public ainsi qu’une forte mobilisation à l’échelle sociale et familiale. Les citoyens ont recherché activement des lunettes de protection, suivi les données communiquées par les institutions compétentes et les associations scientifiques et se sont déplacés, parfois sur de longues distances, à la recherche de sites offrant de meilleures conditions d’observation. « Ces déplacements ont dessiné un beau tableau social et scientifique », a souligné le vice-président de la STA.
Yahia a attribué cette évolution notamment à la multiplication des campagnes de sensibilisation et à la diffusion, en temps opportun, d’informations scientifiques, qui ont contribué à limiter la propagation des superstitions et des interprétations non scientifiques.
Cette dynamique constitue, à ses yeux, un « test grandeur nature » en prévision du prochain grand rendez-vous astronomique du 2 août 2027, date à laquelle une éclipse solaire totale traversera plusieurs régions tunisiennes. « La préparation précoce de cet événement nécessite de favoriser la coordination entre les institutions compétentes, les médias, la société civile et le secteur touristique », a-t-il affirmé. Il a souligné la nécessité d’organiser les opérations d’observation, d’encadrer les citoyens et les visiteurs et de garantir les conditions de sécurité requises.
Entre 1999 et 2026, la relation des Tunisiens aux phénomènes astronomiques est ainsi passée, selon Hichem Yahia, de la peur et de la réserve à la curiosité et au désir de comprendre et de suivre ces événements de manière scientifique, une dynamique sur laquelle la Tunisie pourra s’appuyer pour préparer le rendez-vous astronomique de 2027.




