Tunisie : La Fédération de l’enseignement de base dénonce les décisions administratives relatives aux mutations et nominations

La Fédération générale de l’enseignement de base de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a qualifié ce mercredi les mesures prises par le ministère de l’Éducation à travers ses décisions administratives concernant les mutations, les nominations de directeurs comme un « grave recul » par rapport aux acquis, tenant les autorités de tutelle pour seules responsables de toute « perturbation » ou « échec » de la prochaine rentrée scolaire.

Dans un communiqué, elle a dénoncé l’abandon des critères régissant les mutations des directeurs, l’abaissement de l’âge de participation à 50 ans et la gestion unilatérale des mutations des enseignants sans implication des syndicats « en violation du principe de transparence et de participation », ainsi que l’abandon du projet d’adjoint au directeur d’école primaire, ce qui alourdit encore la charge des directeurs et nuit au bon fonctionnement des établissements scolaires, sans oublier la décision de confier des tâches administratives à des enseignants incapables d’enseigner pour des raisons de santé, ainsi que le fait de contraindre un certain nombre de cadres éducatifs exerçant des fonctions administratives à retourner en classe sans aucune prise en compte de leur état de santé physique ou psychologique, et sans évaluation de leur capacité à reprendre l’enseignement après des années d’éloignement.

Elle a dénoncé le non-versement de l’allocation rurale et le recul enregistré dans les critères d’attribution de celle-ci, ce qui constitue une atteinte flagrante aux droits des travailleurs des zones rurales et un manquement à l’application des conventions conclues, notamment la convention 3 (A3), ce qui fait perdre toute crédibilité au dialogue social et sape la confiance entre le ministère et les différentes composantes du secteur.

Elle a estimé que le ministère de l’Éducation tente d’« imposer un fait accompli » et qu’il continue de mener « une politique de fermeture des négociations et d’exclusion de la partie sociale » ainsi que de « renier le principe du dialogue », ce qu’elle a qualifié d’« atteinte manifeste » au droit constitutionnel à l’action syndicale et à la négociation collective, et qui constitue une « attaque systématique » contre les acquis du secteur de l’enseignement de base, obtenus au prix de longues années de lutte et de sacrifices, selon le texte du communiqué.