Tunisie : Le Courant populaire appelle à développer le cadre législatif national en matière de migration

Le Courant populaire a appelé, lundi, à développer le cadre législatif national en matière de migration, notamment à travers la révision de la Loi n° 1968-7 du 8 mars 1968, relative à la condition des étrangers en Tunisie, afin de l’adapter aux évolutions qu’a connues le phénomène migratoire au cours des dernières décennies.

Dans un communiqué publié lundi, le parti a expliqué que le rythme de la migration irrégulière s’est accéléré et que son ampleur s’est accrue en Tunisie, en particulier avec l’arrivée de migrants originaires des pays d’Afrique subsaharienne. Cette situation s’explique, selon le parti, par les conflits et les crises prolongées que connaissent ces pays, mais également par l’effondrement de l’État libyen à la frontière sud de la Tunisie depuis 2011, ainsi que par les politiques sécuritaires et les législations restrictives adoptées par les pays européens, qui ont contribué à l’aggravation du phénomène.

Le Courant populaire a également plaidé pour l’adoption d’une politique de communication claire sur cette question. Il a appelé à renforcer la sensibilisation nationale aux enjeux de la migration irrégulière, notamment auprès des catégories les plus exposées, à mobiliser davantage de ressources pour lutter contre ce phénomène et à créer un organisme national de recherche spécialisé dans les questions migratoires, chargé de fournir à l’État des études stratégiques en la matière.

Par ailleurs, le Courant populaire a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération maghrébine et africaine pour lutter contre la migration irrégulière et intensifier la coopération internationale en matière de sensibilisation et de formation ainsi que dans le domaine judiciaire afin de poursuivre les réseaux de passeurs et de trafiquants des êtres humains.

Le parti a également exhorté les partenaires régionaux à œuvrer pour une solution durable et globale à la crise libyenne, à travers l’organisation d’élections, l’unification des institutions et le démantèlement des milices. Il a proposé la création d’une instance internationale regroupant les pays d’origine, de transit et de destination des migrants, à savoir les pays du Maghreb, l’Égypte, les pays d’Afrique subsaharienne et l’Union européenne, qui sera chargée, de l’élaboration d’études sur la question, en coordination avec les organisations régionales et internationales et les experts.

Pour le Courant, il est impératif de renforcer la coopération avec les pays d’origine des migrants irréguliers vers la Tunisie, principalement les pays d’Afrique subsaharienne, en favorisant les investissements et en soutenant les bases d’un développement autonome et durable dans ces États, estimant que l’Union européenne doit, de son côté, assumer sa part de responsabilité en contribuant davantage aux efforts de développement dans ces pays.