Maisons de retraite et Alzheimer : une nécessité face au vieillissement de la population tunisienne

Il est impératif, aujourd’hui plus que jamais, d’envisager le placement des patients atteints de la maladie d’Alzheimer dans des centres spécialisés ou dans des maisons de retraite, en cas de troubles du comportement et de déclin de leur santé, afin d’assurer une prise en charge globale et efficace tout en atténuant la pression psychologique sur les proches aidants, a affirmédimanche, Dr Afef Hammami, spécialiste en gériatrie.

Dans une déclaration à l’agence TAP, elle a expliqué que l’idée relative au le placement des personnes âgées, particulièrement celles souffrant d’Alzheimer, dans des centres spécialisés n’est pas trés répondue et n’est pas perçue de manière neutre de manière à privilégier l’intérêt supérieur du patient sur les plans sanitaire et psychologique.

Elle a souligné que la question de la prise en charge des personnes âgées ne doit pas en aucun cas être traitée comme un fardeau, mais plutôt comme un accompagnement visant à améliorer la qualité de vie et à intervenir avec des solutions efficaces, particulièrement quand leur état de santé impose le changement de leur environnement, pour un milieu plus stimulant et sain.

Dr Hammami a réfuté les avis qui préconisent le maintien du patient dans son environnement habituel, généralement le domicile, jugeant nécessaire de changer son lieu de résidence pour un environnement mieux gérable, surtout lorsque le patient n’est pas en sécurité.

La spécialiste a souligné que la détérioration de l’état de santé des patients et le manque de compréhension de la pathologie placent les accompagnateurs sous un stress constant, réduisant, ainsi, l’efficacité de leur intervention.

En se basant sur les résultats d’une récente étude internationale (2024), elle a fait ressortir qu’environ 70 % des auxiliaires de santé opérant au service des personnes atteintes de démence souffrent de stress psychologique majeur, d’épuisement chronique et de dépression.

A cet égard, elle a insisté sur la nécessité de privilégier l’intérêt du malade sur les sentiments de culpabilité, indiquant qu’avec le vieillissement de la population tunisienne et l’augmentation de l’espérance de vie à la naissance, les maisons de retraite deviennent une nécessité impérieuse pour certains cas pathologiques.

Par ailleurs, elle a rappelé que les médicaments actuellement disponibles sur le marché tunisien traitent les symptômes et non la maladie elle-même, au moment où le parcours thérapeutique mondial connait une révolution avec la découverte d’un médicament traitant la maladie dès les premiers stades de manière à mettre fin à son évolution. Ce traitement qui a reçu l’approbation de la FDA américaine en 2023 et de l’Agence européenne des médicaments en 2024, est, actuellement, commercialisé sur le marché mondial.