Des spécialistes dans les secteurs de la santé et la sécurité professionnelle ont appelé, jeudi, à inclure le syndrome d’apnée obstructive du sommeil dans les critères d’aptitude médicale à la conduite professionnelle, vu qu’il constitue un danger pour la sécurité routière et la capacité de concentration du conducteur.
Cet appel a été lancé au cours d’une rencontre scientifique organisée par l’institut de santé et de sécurité professionnelle sous le thème “syndrome d’apnée obstructive du sommeil et aptitude médicale à la conduite professionnelle”, en collaboration avec l’association tunisienne de médecine du sommeil, l’association tunisienne de médecine du travail, la direction générale de l’inspection du travail et de la sécurité professionnelle, et l’observatoire national de la sécurité routière.
Le syndrome d’apnée obstructive du sommeil est l’un des troubles du sommeil les plus courants, qui se caractérise par des obstructions des voies respiratoires pendant le sommeil, entraînant des pauses respiratoires fréquentes pendant la nuit, ce qui provoque une baisse du taux d’oxygène dans le sang et des troubles du sommeil.
Les spécialistes ont indiqué que les personnes atteintes de ce syndrome souffrent de ronflements forts, de somnolence au cours de la journée, de difficultés de concentration, de maux de tête et de fatigue constante, qui pourraient augmenter les risques d’accidents de la route en raison de l’inattention pendant la conduite.
La chargée de gestion de l’institut de santé et de sécurité professionnelle Sonia Fehri a souligné la nécessité de renforcer les compétences des médecins du travail et des intervenants dans le domaine de la prévention et de la sécurité professionnelle, afin d’améliorer leur capacité à détecter ce syndrome et à orienter les personnes concernées vers un traitement approprié.
Une étude nationale réalisée par l’institut de santé et de sécurité professionnelle en collaboration avec l’association tunisienne de médecine du sommeil et plusieurs groupements de médecine du sommeil, a dévoilé qu’un conducteur professionnel sur quatre souffre de somnolence pendant la conduite.
De son côté, la responsable du service d’assistance médicale à l’institut de santé et de sécurité professionnelle Nesrine Kammoun, a précisé que les résultats de cette étude ont démontré que 26 pc des conducteurs professionnels peuvent développer le syndrome d’apnée obstructive du sommeil ou souffrent de somnolence excessive pendant la journée.
Pour sa part, la présidente de l’association tunisienne de médecine du sommeil Dr Leila Douik Gharb, a indiqué que ce syndrome est lié à plusieurs facteurs, notamment l’obésité, le tabagisme, la consommation d’alcool, l’hypertension artérielle, l’âge avancé, ainsi que certaines malformations congénitales liées aux voies respiratoires supérieures.
Elle a souligné que la négligence du traitement peut entraîner des complications graves, notamment des maladies cardiovasculaires, l’hypertension, le diabète, les troubles de la mémoire et de la concentration et les risques d’accidents de la route.
Par ailleurs, les participants à cette rencontre ont souligné l’importance de renforcer les efforts de sensibilisation et les programmes de dépistage précoce, en particulier chez les conducteurs professionnels.
Il convient de noter que les statistiques de l’observatoire national de la sécurité routière ont enregistré, en 2025, 5424 accidents de la route, ayant entraîné 1235 décès, dont un taux important lié au manque de concentration et à l’inattention, deux facteurs qui peuvent être associés à la somnolence au volant.




