Présentée comme une avancée majeure vers la modernisation fiscale, la généralisation de la facture électronique révèle surtout, à ce stade, une réforme précipitée et mal encadrée.
En promettant une « flexibilité » dont ni les modalités ni le calendrier ne sont clairement définis, le ministère des Finances entretient une ambiguïté lourde de conséquences pour les entreprises, sommées de se conformer à une obligation techniquement instable et juridiquement contraignante. PME, indépendants et prestataires de services se retrouvent confrontés à des plateformes défaillantes, à des procédures complexes et à l’absence de directives opérationnelles, tandis que les sanctions prévues restent pleinement applicables.
Ce décalage entre l’exigence légale et la réalité du terrain alimente un climat d’incertitude et met en lumière les limites d’une transition numérique imposée sans préparation suffisante, au risque de fragiliser davantage un tissu économique déjà vulnérable.




