Affaire Rania Amdouni : 21 Associations et organisations des droits de l’Homme appellent à sa libération

Vingt et une associations et organisations des droits de l’Homme ont dénoncé la condamnation de l’activiste Rania Amdouni à 6 mois de prison ferme pour ” outrage à un fonctionnaire public “.

Il s’agit, selon ces organisations, d’une violation manifeste des procédures juridiques.

Elles ont appelé les autorités à la libérer dans l’immédiat, à abandonner les accusations qui pèsent sur elle et les pratiques abusives et à éviter l’application sélective des lois en matière de liberté d’expression.

Rania Amdouni est une militante féministe qui défend les minorités sexuelles. Elle avait, notamment, participé aux manifestations contre le projet de loi relative aux atteintes des forces armées et le projet de loi sur l’Etat d’urgence.

Le 27 février dernier, Rania Amdouni s’est rendue à un poste de police, à Tunis, pour déposer une plainte contre les administrateurs de pages facebook relevant des syndicats de police. Ces pages ont diffusé ses photos et proféré des menaces de mort, de violence et de viol à son encontre.

Seulement, elle a été maintenue en détention et condamné à 6 mois de prison ferme pour outrage à un fonctionnaire public.

Ces organisations et associations des droits de l’Homme ont condamné, dans une déclaration commune, l’instrumentalisation des institutions de l’Etat pour régler des comptes avec des militants des droits de l’Homme. En effet, toutes les plaintes déposées par Rania Amdouni ont été gelées.

” Poursuivre les défenseurs des droits de l’Homme pour leurs positions et leurs idées est contraire à la loi tunisienne qui soumet toutes les formes d’expression aux dispositions du décret-loi n° 2011-115 du 2 novembre 2011, relatif à la liberté de la presse, de l’imprimerie et de l’édition “, se sont-elles indignées.

Et de rappeler ” ce décret vise à réduire les peines de privation de liberté au profit de sanctions financières “.
Parmi les signataires de la déclaration figurent la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH), l’Organisation contre la torture en Tunisie (OCTT), l’Article 19, l’Association tunisienne de défense des libertés individuelles et le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES).