Tunisie : Et si l’école privée constituait une solution à la crise financière publique ?

Par : Autres

Chaque année, les écoles privées représentent une très importante économie pour l’État. Si tous les élèves de ces établissements fréquentaient les écoles publiques, les contribuables devraient en supporter une dette de plusieurs millions de dinars, puisqu’il leur faudrait assumer la responsabilité de fournir et d’entretenir les bâtiments et installations tout en prenant en charge le surplus des différents personnels y exerçant pour accueillir ces élèves. Une partie de cette charge échoit aux organismes qui gèrent les établissements privés.

Cependant, compte tenu de l’inflation, les augmentations annuelles tarifaires sont inévitables, et l’instauration d’une TVA aux établissements scolaires privés met en danger les écoles privées qui n’ont d’autre choix que de faire répercuter cette taxe sur les frais de scolarité. Or, il est prouvé que les charges supplémentaires n’entrant pas dans le fonctionnement des écoles privées entraînent une augmentation des dépenses des ménages.

Cette politique de taxation gouvernementale peut contribuer par voie de conséquence directe ou indirecte à un retour massif des élèves vers les écoles publiques.

Le coût d’un élève dans l’école publique est payé par l’Etat et par les contribuables, alors que la charge de l’élève de l’école privée est payée par ses parents.

De la sorte, les écoles privées génèrent, annuellement, plusieurs millions de dinars pour l’Etat.

Les élèves du privé ne constituent que 7% de l’ensemble des élèves inscrits dans les écoles, contre 93% dans le secteur public. Les élèves du secteur privé ne coûtent rien au budget de l’Education. En plus, ce secteur absorbe un grand nombre d’enseignants et de personnel administratif totalement à la charge des responsables et des promoteurs du secteur privé. 

De l’importance de soutenir les écoles privées

Les écoles privées constituent donc bien un “soulagement“ des finances publiques, et à bien réfléchir, l’Etat a tout à intérêt à encourager le secteur privé de l’éducation. Dans ce cadre, le gouvernement est appelé à baisser le taux de la TVA imposée aux établissements scolaires privés, mais aussi à instaurer des mesures de soutien et/ou à accorder de subventions symboliques aux parents dont les enfants fréquentent les écoles privées pour les encourager à choisir ce secteur…

Autres avantages pour l’Etat

L’école privée se distingue entre autres par la simplicité de sa structure, loin de toute lourdeur bureaucratique. Elle détermine elle-même son projet éducatif en fonction de l’intérêt de l’élève et de sa condition de futur citoyen.

Sur un autre plan, les résultats de certaines écoles privées sont supérieurs à ceux des écoles publiques : les statistiques de ces dernières années montrent un taux de réussite de l’ordre de 40% dans le secteur public alors qu’il est de l’ordre de 70% dans le secteur privé. Cela représente un écart très significatif, d’où de meilleures perspectives citoyennes à moyen et long terme. Ceci n’est pas à négliger dans le cursus des élèves pour une meilleure ascension sociale.

L’école privée fait donc bien partie des solutions à la crise financière publique.

Ridha JABER

Chef d’établissements scolaires