Tunisie : Des représentants de blocs parlementaires appellent à un dialogue sérieux pour former un “gouvernement fort”

Les représentants des blocs “Démocratique”, d'”Ennahdha” et de “Qalb Tounes” se sont accordés sur le fait que la situation politique générale de la Tunisie, surtout après la démission du chef du gouvernement Elyes Fakhfakh, exige des concertations sérieuses pour former un gouvernement fort capable de relever les défis et de faire sortir le pays de la crise.

Dans des déclarations accordées, jeudi, à l’agence TAP, les députés desdits groupes ont estimé que “le dialogue et la concertation entre les différents partis politiques et les organisations nationales, reste la seule alternative possible pour donner un gouvernement aux Tunisiens dans les plus brefs délais et dépasser ainsi les erreurs et les réserves émises sur le gouvernement Fakhfakh”.

Le chef du gouvernement Elyes Fakhfakh avait présenté, mercredi, sa démission au président de la République Kaïs Saïed.

De son côté, le groupe d’Ennahdha avait déposé une motion de censure contre le chef du gouvernement auprès du bureau d’ordre du parlement après avoir recueilli 105 signatures parmi les élus du mouvement Ennahdha, de “Qalb Tounes”, d’al-Mostaqbal, d'”al-Karama” et d’un certain nombre de parlementaires indépendants, notamment Mabrouk Korchid, Yassine Ayari, et Safi Saïd.

“La question se pose toujours quant à la raison pour laquelle le chef du gouvernement a remis sa démission.

Est ce un aveu implicite confirmant ainsi les suspicions sur le conflit d’intérêt ou une manœuvre préventive contre la motion de retrait de confiance”, s’est interrogé le président du bloc “Qalb Tounes”, Oussema Khlifi.

Pour sa part, le président du bloc démocratique, Hichem Ajbouni, a fait observer que le gouvernement démissionnaire sera chargé d’expédier les affaires courantes, jusqu’à ce que le chef de l’Etat désigne la personnalité la plus apte à former un nouveau gouvernement.

La non-approbation de ce nouveau gouvernement pourrait mener à la dissolution de l’Assemblée des représentants du peuple et au scénario d’élections législatives anticipées, a-t-il souligné.

Ajbouni a laissé entendre que sa formation politique (le courant démocrate) pourrait participer aux concertations sur la formation du nouveau gouvernement, si le chef du gouvernement désigné le juge nécessaire.

Le porte-parole du mouvement Ennahdha, Imed Khemiri, a souligné l’attachement de son parti au retrait de confiance au chef du gouvernement. “La démission de Fakhfakh est illégale et non constitutionnelle, elle est éminemment politique”, a-t-il estimé.

Khemiri a mis l’accent sur la nécessité d’amorcer un dialogue avec les partis signataires de la motion de retrait de confiance au chef du gouvernement, et ce, en vue de former un gouvernement politique qui peut obtenir la confiance du parlement avec une nette majorité.

Ennahdha a pris l’initiative d’entamer des concertations avec le président de la République, les partis politiques et les organisations nationales afin de décider d’une nouvelle formation gouvernementale, permettant de sortir de la crise politique actuelle, a-t-il insisté.

Il a, en outre, fait part de la réprobation de son parti, quant à la décision du chef du gouvernement actuel de démettre ses ministres de leurs fonctions.

Ces limogeages sont injustifiables et porte atteintent à l’action politique et aux intérêts du pays, a-t-il déploré.