Tunisie : La décision d’intégrer l’éducation à la santé sexuelle dans les programmes éducatifs est hâtive et non étudiée

Le président du réseau de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, Hatem Jelassi a appelé samedi à l’organisation d’un dialogue approfondi avec toutes les parties concernées notamment les spécialistes en chariaa et en sexologie pour étudier la proposition d’intégrer l’éducation à la santé sexuelle dans les programmes d’enseignement.

S’exprimant lors d’une conférence organisée à Tunis sur l’enseignement de l’éducation à la santé sexuelle, Hatem Jelassi a qualifié cette décision, prise par le ministère de l’éducation, d’hâtive et non étudiée soulignant la nécessité d’examiner ce sujet au sein de la commission de la jeunesse, des affaires culturelles et de la recherche scientifique au parlement pour pouvoir, par la suite, adopter cette décision.

D’après la même source, il existe actuellement plusieurs difficultés qui entravent la mise en œuvre de cette décision dont la longueur des programmes et le temps scolaire estimant qu’il y’a pour le moment d’autres réformes plus importantes que d’intégrer l’éducation sexuelle dans les programmes éducatifs.

De son côté, Mabrouk Aloui, inspecteur des collèges et lycées secondaires, spécialité sciences de la vie et de la terre, a souligné dans son intervention que l’éducation à la santé sexuelle est un droit constitutionnel tout comme l’éducation à la citoyenneté, à l’environnement et à l’alimentation.

Il a signalé qu’un grand nombre de jeunes passent par la période de l’enfance et atteignent la phase d’adulte sans avoir le minimum d’informations sur leurs corps et leur santé, ce qui handicape leur développement physique, psychologie, émotionnel et social.

” Ceci est complètement faux et ce sont la famille, l’école, la société et l’Etat qui assument cette responsabilité “, a-t-il soutenu.

Dans ce contexte, Mabrouk Aloui a souligné l’importance de renforcer la formation des enseignants dans les domaines psychologique, social, culturel, juridique et éthique en rapport avec la santé sexuelle outre l’implication des parents dans l’éducation de leurs enfants à la santé sexuelle.

Pour sa part, le professeur universitaire, Imed Sehili, a souligné que le ministère de l’éducation a décidé d’intégrer l’éducation à la santé sexuelle dans les programmes d’enseignement en raison de la prolifération du phénomène d’harcèlement sexuel notamment dans les établissements éducatifs.

Au cours de ces dernières années 100 cas de suspicion d’harcèlement sexuel contre des élèves ont été enregistrés outre l’émission de 23 décisions de révocation définitive d’enseignants impliqués dans ces affaires et une vingtaine de révocation provisoire, a-t-il ajouté.

A noter que le ministre de l’éducation, Hatem Ben Salem avait annoncé que l’éducation à la santé sexuelle sera intégrée dans les programmes éducatifs de manière scientifique et pédagogique afin de limiter le phénomène d’harcèlement sexuel dans les établissements scolaires.