Tunisie : Les députés divisés sur la fin de consensus entre Ennahdha et Nidaa

Les réactions des représentants de partis politiques au Parlement ont mis en lumière, mardi, le clivage entre opposants et favorables à la fin du consensus entre les deux principales formations politiques du pays Ennahdha et Nidaa Tounes.

Alors que des élus jugent ” indispensable ” la poursuite du compromis entre les deux partis au pouvoir pour éviter de paralyser l’action parlementaire, d’autres estiment que le parlement continue d’être paralysé en raison de ce consensus controversé.

Le président de la République Béji Caïd Essebsi avait annoncé, dans une interview télévisée, la fin du consensus avec le Mouvement Ennahdha. “Il n’y aura désormais plus de consensus entre Caïd Essebsi et Ennahdha (…) Ennahdha a décidé de mettre fin au consensus, à sa demande”, a-t-il dit.

Pour le député Ajmi Lourimi (Ennahdha), le consensus entre les deux partis est nécessaire dans la mesure où il facilite toute action parlementaire et rassemble les partis autour d’une action commune.

” Ennahdha et Nidaa Tounes auraient dû passer du consensus au partenariat “, a-t-il déclaré à TAP.

Le député Riadh Jaidane (Coalition nationale) n’est pas du même avis. Pour lui, le blocage constaté au niveau de l’action parlementaire est du au consensus et non pas l’inverse.

Il s’est interrogé sur le retard pris dans l’installation de la Cour constitutionnelle et l’adoption de plusieurs lois d’une importance ýcapitale dans un climat politique consensuel.

” Le paysage politique commande la mise en place d’un parti au pouvoir et une opposition claire qui s’exprime à travers le parlement “, a-t-il souligné.

Pour Aymen Aloui (Front populaire) les partis d’Ennahdha et de Nidaa Tounes se sont accordés sur la dissimulation de la vérité et le règlement de comptes personnel. Voici pourquoi ce consensus a échoué3, a-t-il martelé.

D’après Aloui, ce faux consensus a eu un impact négatif sur l’action parlementaire d’autant qu’il a permis de passer des projets de lois par le chantage et des concessions.

Pour Ghazi Chaouchi, (Bloc démocrate), le contenu de l’interview du président de la République a montré “son incapacité à trouver des solutions aux crises que connait le pays”. Selon lui, la fin de consensus en cette étape délicate va certainement nuire au paysage politique.

D’après Ons Hattab (Nidaa) le parti a choisi de mettre fin à ce consensus en raison du monopole de décision dont a fait montre d’Ennahdha.