Melham Baraket, icône de la chanson arabe ce soir à Carthage

Après les concerts de Cheb Khaled et du chanteur irakien Kadhem Saher, le public du Festival international de Carthage aura rendez-vous ce soir avec une autre icône de la chanson arabe, le Libanais Melham Baraket, et ce mardi 2 août.

Fidèle à lui-même, la star connue pour ses anecdotes n’a pas manqué de lancer des critiques à gauche et à droite, tantôt à l’encontre de sa compatriote Haifa, tantôt à l’encontre de toute la scène artistique arabe.

L’artiste, qui semble très préoccupé par l’état des lieux de la chanson arabe, n’a pas mâché ses mots : “l’art aujourd’hui est à l’embouteillage sur les routes” à cause selon ses propos de “la prolifération effrénée des chaines de radio et de télévision qui ont largement participé à faire baigner le secteur artistique dans le chaos”.

Selon lui, la situation “chaotique” de l’art en général “n’est pas propre à l’Orient” mais il s’agit plutôt d’un constat qui concerne “le reste du monde”. A l’époque de la mondialisation et du boom des moyens de communication moderne, l’artiste estime que beaucoup ont réussi à s’imposer sur la scène artistique sans que cela reflète la valeur de l’art qu’ils proposent. Il va plus loin en affirmant que “certains artistes payent pour continuer à se positionner sur la scène artistique”.

Réputé pour ses chansons du genre tarab, Melham Baraket est considéré parmi les grands de la chanson arabe contemporaine qui a débuté sa carrière sous l’aile des frères Rahbani avant de se lancer dans une carrière solo. Ses qualités vocales et sa présence sur scène lui ont valu l’admiration des mélomanes de la chanson orientale arabe au Moyen Orient comme au Maghreb.

Revenant sur ses dernières compositions pour ses compatriotes Fares Karam et Melham Zine, l’artiste estime que cette collaboration émane de sa conviction que se sont parmi “les voix les plus intéressantes sur la scène actuelle”. Baraket estime avoir toujours travaillé avec les artistes qu’il aime et que le public adore aussi. “Je collabore souvent avec l’artiste en mesure de faire parvenir la chanson au public”.

Répondant à une question sur son absence “intrigante” des jurys artistiques arabes des programmes télévisés de chanteurs amateurs, l’artiste s’est contenté de dire qu’il a été écarté. Sous une note d’humour, l’artiste a fini par lancer; “il y a une femme derrière mon éviction”.

Par ailleurs, l’artiste a donné, lundi soir, un point de presse dans lequel il s’est brièvement exprimé sur sa position des révolutions arabes. Melham Baraket a parlé de “la réussite de l’expérience en Tunisie qui est parvenue à sortir indemne d’un complot tramé contre le monde arabe”.