Houyem Boukassoula, psychologue clinicienne, a affirmé que l’âge moyen des usagers de drogues injectables (UDI) en Tunisie est de 39,5 ans, dont un cas sur cinq qui a été initié avant d’atteindre les 14 ans.
Elle a également précisé, lors de la 2ème table ronde des “Cercles de la population et de la santé de reproduction”, organisé vendredi au siège de l’Office national de la famille et de la population (ONFP), sous le thème “jeunes et risques liés à la toxicomanie: réalités et défis”, à l’occasion de la célébration de la journée nationale de la famille, que 96% des USI ont été scolarisés.
“53,2% d’entre eux n’ont pas dépassé le cycle de l’enseignement primaire, alors que 22,1% n’ont pas franchi le 1er cycle de l’enseignement secondaire”, a-t-elle ajouté, indiquant que 38,7% des UDI en Tunisie sont actifs sur le plan professionnel. Boukassoula a également fait savoir qu’il existe plus de 7200 UDI déclarés entre le gouvernorat de Tunis et celui de Bizerte.
“Le Subutex est la drogue la plus fréquemment injectée par les jeunes tunisiens à cause de son prix bas par rapport aux autres drogues et le cadre juridiques plus tolérant”, a-t-elle expliqué. La psychologue a mis en exergue les services de prise en charge pour les UDI, à l’instar du service hospitalo- universitaire de Jbel Ouest et celui de Tina (Sfax), créé par l’association tunisienne de prévention de la toxicomanie.
“Il existe également trois centres à bas seuil à Tunis, ainsi que trois cellules d’écoute pour les UDI à Menzel Bourguiba, Daouar Hicher et Nabeul”, a-t-elle fait savoir.
Afin de lutter contre la propagation de ce fléau, elle a appelé à “une prévention globale contre toutes les conduites à risque et à multiplier les efforts pour la réduction de la demande en drogues injectables”, précisant que les perturbations sociales liées à la révolution tunisienne “ont aggravé le phénomène puisque l’accès aux drogue est devenu très facile”.
De son côté, Hajer Aounallah, chef du département de la recherche et de la formation en épidémiologie à l’Institut national de la santé publique, a présenté les résultats d’une étude sur l’usage de drogues et la toxicomanie chez les adolescents scolarisés, menée par le ministère de la Santé, en collaboration avec le « Mediterranean school survey project on alcohol and other drugs » (MedSpad) et le groupe de coopération en matière de lutte contre l’abus et le trafic illicite de stupéfiants, Pompidou.
Réalisée auprès des lycéens âgés de 15 à 17 ans, cette étude révèle que la notion de consommation de tabac dans l’entourage familial a été rapportée par 58,3% des lycéens, contre 14,6% pour l’alcool, 1,2% pour le cannabis et 0,6% pour la cocaïne.
Ridha Gataa, président directeur général de l’ONFP a, quant à lui, mis en exergue l’importance de cette table ronde vu que les jeunes âgés de 15 à 29 ans représentent le tiers de la population tunisienne.
“Cette jeunesse vit actuellement un retard d’insertion à la vie professionnelle”, a-t-il expliqué, assurant que “la toxicomanie a proliféré depuis la révolution”.




