Reportage – Abu Dhabi : Superbe, mais sans âme

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De retour d’Abu Dhabi notre journaliste Amel Bel Hadj Ali raconte: «A Abou Dhabi, évitez de consommer des boissons alcooliques dans la rue et de parler politique, mais vous pouvez vous la couler douce et ramasser votre pactole sans être autrement inquiété», assure un citoyen du monde sis à Abou Dhabi.

Aux Emirats, parler politique risque de vous faire perdre votre nationalité. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé à des Emiratis qui avaient soutenu, il y a une année, sur twitter, des Syriens expulsés suite à une manifestation à Abou Dhabi.

En fait, pour vivre heureux dans cet Emirat prospère du Golfe persique, il faut être obéissant, discret et travailleur, ne rien voir, ne rien entendre et ne rien dire. Vous pourriez ainsi gagner beaucoup d’argent et rentrer tranquillement chez vous. Car dans la capitale des Emirats arabes unis, riche et très riche, tout est nouveau, tout est beau. Des gratte-ciel abritant aussi bien habitations et bureaux que centres commerciaux, aux grandes avenues très propres et grands parcs bien conçus et brillamment dessinés, en passant par de belles promenades en bord de mer ainsi que des monuments splendides, tels la Mosquée de Cheikh Zahed Al Nahyane ou des hôtels à 10.000 $ la nuitée, tout est admirable…

Aux Emirats, tout est tellement parfait, tellement bien ordonné et parfaitement aménagé que ceux qui viennent de vieux continents, comme l’Afrique ou l’Europe, ont un sentiment de froid, car Abou Dhabi, la capitale, est superbe mais sans âme, sans vie, sans cœur…

Dans les grandes avenues d’Abou Dhabi, vous ne verrez pas les véritables habitants du pays, que des étrangers, des travailleurs pour la plupart d’origine asiatique, et ce sont quasiment tous des hommes (pakistanais, indiens, bengalis), qui déambulent nonchalamment ou attendent dans des stations de transport public.

«Vous pourriez vous trouver au fin fond du Sahara, il y aurait toujours une employée ou un travailleur étranger pour s’occuper du nettoyage.

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