La Tunisie survivra, eux, non

caricature-tunisie-gouvernement-societecivileDe l’amertume, de la déception, l’article reflète bien l’air que respire les Tunisiens. L’article éclaire ce que le mercato politico-idéologique essaie de cacher avec un tamis de gros calibre.

 

 

1)- Rached Ghannouchi : «En trente ans d’exil, cet ancien nassérien modulera sa pensée politique en fonction de la conjoncture, épousant l’ensemble du spectre idéologique arabe au gré de la fortune politique des dirigeants, optant tour à tour, pour le nassérisme égyptien, devenant par la suite adepte de l’ayatollah Ruhollah Khomeiny (Iran), puis de Hassan Al Tourabi (Soudan), pour jeter ensuite son dévolu sur le turc Recep Tayeb Erdogan, avant de se stabiliser sur le Qatar, soit sept mutations, une moyenne d’une mutation tous les quatre ans.» (René Naba ; «Quelle est la pensée politique de Rached Ghannouchi ?» ; site «oumma.com» 9 février, 2013).
2)- Ahmed Néjib Chebbi, formé chez les Pères blancs puis au lycée Carnot de Tunis ; il «abandonne» des études supérieures en médecine à Paris et se tourne vers le droit à Tunis. Il commence comme activiste de l’Union Générale des Etudiants de Tunisie représentant la tendance «progressiste ». Ce «progressisme» le mène vers le « Nationaliste arabe » et adhère au «Baath» avec lequel il rompra quelques années plus tard.

A la poursuite de son diplôme de droit, qu’il n’a pas encore obtenu, c’est en février 1971 qu’il part en Algérie où il s’inscrit en faculté de droit. De là, il part en France, laisse tomber les études et se consacre exclusivement au «militantisme» au sein du mouvement «Perspectives – L’Ouvrier tunisien», une organisation clandestine d’extrême gauche. On ne sait pas exactement quand il retourne en Tunisie, mais en 1981, il constitue avec un groupe de militants d’extrême gauche devenus «sociaux-démocrates», dont Sihem Ben Sedrine.

En septembre 1983, il fonde le «Rassemblement socialiste progressiste (RSP). Chebbi soutient Ben Ali le nouveau président. Le RSP est rebaptisé «Parti démocrate progressiste (PDP)» en juin 2001. Chebbi contribue à la création du « comité du 18 octobre », une structure informelle réunissant le PDP, divers partis et personnalités de l’opposition laïque, ainsi que d’anciens dirigeants du parti islamiste Ennahda.
Au cours de l’été 2004, Chebbi rencontre à deux reprises le leader d’Ennahda Rached Ghannouchi, à Londres où ce dernier est exilé puis lors d’un pèlerinage à La Mecque fin 2005. En mars 2006, Chebbi est invité par l’American Enterprise Institute, think tank néoconservateur, et séjourne pendant quelques semaines aux États-Unis.
Qui voit une ressemblance entre Rached Ghannouchi  et  l’A N C ? Les mauvaises langues diront qu’ils ne sont que deux caméléons opportunistes et d’une hypocrisie exemplaire. S’étonne-t-on que «Néjib Chebbi, soi-disant militant démocrate qui a refusé pendant des mois d’intégrer le gouvernement lorsque toutes les composantes politiques avaient adopté le principe d’un gouvernement de sauvetage ou d’union nationale, est devenu tout d’un coup plus conciliant. Il serait ouvert à un gouvernement mitigé, proposition faite par l’aile dure d’Ennahdha» ?

Son héritier pour le Trône ; Issam, qu’on voit sur tous les plateaux ne cesse de remâcher sa litanie démagogique et contradictoire pour «expliquer » le caméléonisme du Saint Père Fondateur Najib et, puis, sans changer de costume ni même sourciller, le voilà qui «affiche un non catégorique à une coalition avec Ennahdha». « Mais alors, que cachent les arcanes d’Al Joumhouri?

Des querelles intestines ou un Néjib Chebbi jouant cavalier seul? ». Pire, espérons et prions très fort pour que nous n’ayons pas un second «saint-leader-héros-martyr» sachant que l’héritage est l’un des principaux mobiles du crime chez nous.
«Ennahdha ne peut et n’admettra jamais de quitter le pouvoir, et ce pour les décennies à venir». Certes, maintes fois le «Mahdy Infaillible attendu» a martelé sa «prophétie», mais, réellement, est-il le seul ?
– Essebsi a mis le pays à feu et à sang et l’économie à plat dès qu’il s’assura qu’il ne sera ni chef du gouvernement ni président.
– Taeib Baccouche n’est à «nida Tunis», représentant l’Ugtt, que comme «réserve pour la république».
– Marzouki n’a cessé de répéter « je ne démissionnerai pas (c’est-à-dire jamais).
– Chebbi n’a jamais caché ses ambitions et ses prétentions se présentant comme « le meilleur présidentiable).
– Hechmi  Hamdi se considère, de Londres, comme le « vrai » président et son parti ne cesse de proclamer qu’il est le seul parti représentatif et seul change politique.
– Le nom de Hamma Hammami fut suggéré comme chef du gouvernement à la constituante.
– Morjane et les autres attendent leur heure.
– Maatar ne veut pas quitter son poste que pour être élu président.
Faudra-t-il se dépêcher et appeler en urgence Ajroudi, ou «mieux» Ben Ali de là-bas ?
«Jebali avait peut-être compté sur toutes les forces démocratiques lorsqu’il a lancé son initiative, malheureusement, il s’est gouré …». Peut-être, mais il y a l’autre alternative. Jbali est un novice politique, il est peut-être même stupide politiquement, il patauge dans une mare de «conseillers». Pourquoi ce ne sont pas ses plus proches et plus « fidèles » conseillers qui l’ont poussé à cette alternative pour l’assassiner politiquement ?
Tout s’explique quand on se met en tête qu’il n’existe aucun parti politique en Tunisie mais des investissements personnels et familiaux d’argent et d’idéologies, qu’il n’existe réellement aucun homme, ou femme, vrai politicien, du moins parmi la pléthore des politicards connue.

Commentaire de Amad Salem à l’article Tunisie – Echec de l’initiative Jebali : Al Joumhouri et Chebbi ont fait pencher la balance en faveur d’Ennahdha