Tunisie – Mort d’un militaire : Sa famille refuse de l’inhumer et demande l’ouverture d’une enquête

Forces_armee_tunisieLa militante des droits de l'Homme et présidente de l'Association de lutte contre la torture, Radhia Nasraoui, a indiqué, dimanche à l'agence TAP, qu'un militaire tunisien, en poste au Kef, est mort dans des conditions suspectes après avoir été transféré à la caserne de l'Aouina la semaine écoulée pour être entendu dans le cadre d'une enquête.

Mme Nasraoui a affirmé avoir été contactée par la famille du défunt pour l'informer du décès du jeune militaire transféré mercredi dernier à Tunis, et dont le cadavre, restitué samedi, portait des traces de violences au crane et au cou. La famille du caporal-chef, Badri Tlili, responsable du dépôt d'armes à la caserne militaire du Kef, refuse de l'inhumer et demande l'ouverture d'une enquête sur les circonstances de sa mort, a encore souligné Mme Nasraoui, précisant que son association la soutient dans cette revendication.

Les membres de la famille du défunt et les habitants de son quartier au Kef ont organisé, dimanche matin, un mouvement de protestation en procédant notamment au blocage de rues et d'avenues, a constaté le correspondant de l'agence TAP dans la région.

De son côté, le porte-parole du ministère de la Défense nationale, le colonel Major Mokhtar Ben Nasr, a affirmé que le caporal chef Badri Tlili a succombé à une tentative de suicide à l'hôpital militaire où il avait été transféré. Il a expliqué, dans une déclaration à l'agence TAP, que le défunt a été convoqué à Tunis pour être entendu dans le cadre d'une enquête sur ses rapports avec un membre du groupe terroriste impliqué dans les événements de Jendouba, la semaine écoulée.

«Le ministère de la Défense nationale regrette profondément cet incident et rejette catégoriquement toutes les informations concernant d'éventuels actes de torture», a ajouté la même source.

Colonel Major Ben Nasr a souligné que le ministère de l'Intérieur avait reçu "une information confirmée" selon laquelle le caporal chef Tlili avait des liens avec l'un des membres du groupe terroriste de Jendouba. "Il a ainsi été convoqué, le mercredi 26 décembre, pour être entendu à ce sujet», a encore dit le colonel major Ben Nasr. Et d'ajouter, « au terme de la première partie de l'enquête, le caporal chef a reconnu le 28 décembre son lien avec le groupe terroriste et a été maintenu en détention pour complément d'enquête avant d'être traduit devant la justice».

Le 29 décembre, a-t-il encore relaté, le défunt a tenté de s'étrangler avec un pull-over militaire en laine et a été transféré à l'hôpital militaire où il est décédé. La justice militaire s'est chargée du dossier et a ordonné qu'une autopsie soit pratiquée par un médecin légiste militaire et un médecin légiste civil, a encore précisé le colonel major Ben Nasr. Le caporal chef Tlili a été entendu en présence d'experts militaires et d'un psychiatre, a-t-il assuré, soulignant dans ce sens que le ministère de la Défense veille au respect total de la loi.

Di/TAP