Tunisie – Grève des journalistes : Que revendique-t-on au fait ?

Les journalistes tunisiens ont observé une grève générale, durant toute la journée de mercredi, 17 octobre 2012, pour revendiquer la consécration de la liberté d’expression.

 

Le recours à la grève générale a été décidé par le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) “après avoir épuisé toutes les voies de dialogue” et en raison de “l’attitude obstinée du gouvernement et de son refus de répondre favorablement aux revendications des journalistes et de l’ensemble du personnel exerçant au sein des entreprises de presse”, lit-on dans la motion générale du bureau exécutif élargi du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), datée du 25 septembre 2012.

Les revendications des journalistes s’articulent autour des treize points suivants:

1 – Inscription de la liberté d’expression, de presse et de création sans aucune restriction dans le texte de la Constitution.

2 – Application des décrets-lois n°115 et 116 publiés au JORT, mise en place de l’instance nationale indépendante de l’information audiovisuelle dans les plus brefs délais et rejet des projets de loi qui prévoient des sanctions pénales à l’encontre des journalistes ou qui limitent la liberté de presse et d’expression.

3 – Garantie du droit d’accès du journaliste à l’information, conformément au décret-loi n°41 de l’année 2011.

4 – Révision des récentes nominations parachutées à la tête des médias publics et de ceux placés sous administration judiciaire, dont “Dar Essabah”, et annulation des décisions prises à cet effet tout en considérant la désignation à ces postes de personnes impliquées dans la propagande de l’ancien régime de Ben Ali comme une atteinte aux objectifs de la Révolution en Tunisie.

5 – Séparation effective entre l’administration et la rédaction, mise en place de comités de rédaction par voie d’élection ou de consensus, élaboration de charte de la rédaction et révision des textes qui ont été déjà élaborés.

6- Rejet catégorique de toute atteinte au droit syndical, toutes restrictions et toute sanction à l’encontre des journalistes en raison de leurs positions syndicales et refus de toute retenues sur les salaires des journalistes grévistes.

7- Régularisation des situations précaires dans les différents médias, rejet des modes de recrutement illégaux, et adoption de la transparence dans les concours, sur la base de la compétence et conformément aux dispositions du Code du travail et des conventions y afférentes.

8- Réintégration des journalistes licenciés abusivement ou ceux à qui on a mis fin à leurs contrats ou qui ont été mutés sans tenir compte des procédures légales en vigueur au sein de l’établissement de la radio tunisienne.

9- Reconversion des arriérés des rémunérations des journalistes de Dar Essabah sous forme d’actions dans le capital de l’entreprise et la constitution d’une société de rédacteurs.

10- Criminalisation des agressions physiques et matérielles à l’encontre des journalistes et des travailleurs du secteur et ouverture d’une enquête sérieuse concernant ces atteintes.

11- Révision de la composition du Conseil d’administration de la Télévision tunisienne conformément aux normes internationales.

12- Adoption d’une convention collective unifiée pour l’ensemble des journalistes tunisiens.

13- Répartition équitable de la publicité publique.

WMC/TAP

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