Alors que le monde accélère sa transition vers les énergies propres, l’hydrogène vert s’impose comme l’un des grands enjeux énergétiques et industriels des prochaines décennies.
Grâce à sa proximité géographique avec l’Europe, à l’immensité de ses régions du Sud et à son important potentiel en énergie solaire et éolienne, la Tunisie dispose de nombreux atouts pour se positionner sur ce marché stratégique. La feuille de route nationale dédiée à l’hydrogène vert et à ses dérivés prévoit ainsi une production pouvant atteindre 8,3 millions de tonnes par an à l’horizon 2050, dont environ 6 millions de tonnes destinées à l’exportation vers l’Europe. Un objectif ambitieux qui nécessiterait toutefois des investissements considérables, notamment dans la production de près de 100 gigawatts d’électricité renouvelable. Au-delà de l’enjeu énergétique, ce secteur pourrait contribuer à la création de centaines de milliers d’emplois et favoriser l’émergence de nouvelles industries liées à l’ingénierie, aux équipements, au stockage et au transport. Le défi de l’eau reste néanmoins majeur, puisque la production d’hydrogène nécessitera d’importantes quantités d’eau ultrapure dans un pays déjà confronté au stress hydrique, faisant du dessalement de l’eau de mer une solution incontournable.
Pour la Tunisie, l’enjeu dépasse donc la simple exportation d’énergie : il s’agit d’une occasion de construire une véritable filière industrielle nationale, de développer les compétences locales, de produire une partie des équipements sur place et de créer des entreprises capables de s’imposer sur le marché international de l’hydrogène vert.




